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entrevues hot docs: distribution numérique
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entrevues hot docs
Transcriptions des entrevues effectuées au festival de films documentaires canadiens Hot Docs, du 25 avril au 4 mai 2003

Sixième thème: Distribution numérique
Comment les nouveaux moyens de diffusion numérique, tels que les plates-formes mobiles et l'Internet, aident-ils les producteurs à atteindre leur auditoire ?

Sara Diamond et Peter Wintonick
Peter : Quel sujet est censé nous intéresser maintenant?

Sara : La distribution.

Peter : Ah oui, la distribution - nous parlons d'Internet. Ç'a toujours été une question de pouvoir, cette question de savoir comment on peut exposer et vendre nos précieux produits. En général, nous faisons des films pour nos propres publics. Actuellement, pour ce qui est du modèle économique, le facteur le plus important, comme l'a démontré le monde de Napster et de l'après-Napster, c'est de pouvoir diffuser de un à plusieurs, de plusieurs à plusieurs, de un à un et de plusieurs à... personne. Nous pouvons retourner la pyramide de la distribution et en faire un verre à martini, de sorte que nous sommes tous en équilibre sur la tête de l'épingle, que nous devenons l'épingle... Il y a moyen d'atteindre tout le monde en tous lieux.

Sara : Un facteur que je trouve stimulant, c'est que l'Office national du film, Radio-Canada et certains intervenants plus petits voient les choses du même oeil : ils considèrent la distribution numérique comme le moyen de mettre des médias de grande qualité à la disposition de différentes collectivités, et d'obtenir leurs réactions. Nous assistons donc, dans un sens, à la revitalisation de mouvements tels que : le programme Défi du changement, qui a été un important agent de transformation au Canada pendant de nombreuses années; et l'APTN, le Aboriginal People's Television Network (réseau de télévision des peuples autochtones). Il s'agit d'autant de véhicules qui font appel au numérique pour joindre différents types de publics, en plus de remettre les moyens de production entre les mains du public et des participants. C'est très stimulant.

The-Phone-Book_Ltd
Ben Jones : Les entreprises de télécommunication entretiennent un mythe de l'industrie selon lequel le monde d'Internet sans fil est un monde où la vie est coûteuse et difficile. Ce n'est pas vrai, pas vrai du tout. L'Internet sans fil fonctionne de la même façon que l'Internet normal. Si on s'y connaît un peu en HTML et en matière de serveurs, on peut avoir un site Internet sans fil. On pourrait diffuser des vidéos sur des téléphones cellulaires dès aujourd'hui.

Marc Glassman
Autrefois, notre gouvernement croyait à la culture, et j'estime qu'il est de moins en moins disposé à investir pour soutenir la culture, comme en témoignent les récentes négociations au sujet du financement de la télévision. Avec Stursburg à la tête de Téléfilm, on dirait qu'on s'attend à ce que les cinéastes de fiction produisent des succès monstres : « Où est le Full Monty du Canada? » Si nous ne pouvons pas produire un Full Monty, oubliez cela. On ne nous permet plus de réaliser des films qui sont géniaux, mais qui n'attirent pas un gros public. Comme si c'était la faute du cinéaste. Mais je ne crois pas que ce soit la faute du cinéaste. Je crois que la faute revient aux distributeurs, qui ne croient pas véritablement au produit, et aux responsables du marketing. Je crois qu'il faudrait qu'il y ait autant d'innovation, de détermination et d'intégrité de la part des diffuseurs et des distributeurs que de la part des cinéastes de fictions ou de documentaires. Et nous verrons que les grandes oeuvres connaîtront un succès tant national qu'international. Voilà en quoi le contexte change. D'une part, il y a plein de gens doués; d'autre part, il y a très peu d'argent pour produire quoi que ce soit.

Les technologies numériques sont notre planche de salut à l'heure actuelle. Au moins, il est possible de réaliser des oeuvres. Je constate que les jeunes cinéastes qui sont très motivés et qui veulent absolument réaliser ce premier ou ce second film peuvent le faire. C'est le côté épatant de la chose.

Tom Perlmutter
Ce qui a manqué à l'ONF, ce qu'on ne lui a pas accordé, dans un sens, c'est son propre canal de diffusion. Internet a créé ce canal. Nous avons la possibilité de communiquer avec nos publics, par de nouveaux moyens fort intéressants, et nous y arrivons d'une foule de façons. Nous sommes pourvus de connexions à haute vitesse qui permettent de présenter des films complets dans 55 bibliothèques, établissements d'éducations et autres institutions aux quatre coins du pays. Mais ce que me paraît plus crucial encore, pour ce qui est de la production, c'est que nous respectons un engagement réel à faire des films sur des enjeux sociaux, à créer des communautés, à créer des liens entre les Canadiens et des sujets importants. Autrefois, l'ONF accomplissait ce mandat grâce à ses projectionnistes itinérants, aujourd'hui remplacés par Internet. Internet est devenu notre projectionniste itinérant, grâce auquel nous pouvons créer un espace où ce qui nous intéresse, c'est de donner la parole aux gens, de créer une tribune où chacun peut s'exprimer. La situation actuelle permet cela, d'une manière élargie et plus intéressante.

Paul Jay
Je travaille actuellement à un projet qui consiste à mettre sur pied un réseau alternatif de nouvelles qui sera - si nous réussissons à recueillir les sommes requises - un réseau de diffusion de nouvelles à part entière, qui fera concurrence à CNN. Et tout cela n'est imaginable que parce que nous diffuserons à partir du Web. S'il fallait obtenir une licence du CRTC, ou installer comme par le passé des émetteurs partout au pays, on ne pourrait jamais mettre sur pied un tel projet.

Rae Hall
Le truc épatant, c'est que, en ce moment, la technologie est entre les mains des gens, nous vivons une époque où les gens gravent des CD dans leur salon et réalisent de merveilleuses oeuvres visuelles. Ils peuvent ensuite les télécharger sur le site que nous avons et avoir ainsi accès à la télévision de Radio-Canada. Cela fait partie de ce qu'un diffuseur public devrait faire, à mon avis.

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