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Science et histoire: L'origine des grandes oreilles du lapin
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L'origine des grandes oreilles du lapin
Les sciences de l'intégration et les légendes Mi'kmaq se combinent dans des représentations de marionnettes écolos
par Cheryl Bartlett, Murdena Marshall, et Sana Kavanagh, traduit par Michel Buttiens

Nombre d'aînés autochtones parlent de leurs profondes préoccupations relatives aux effets néfastes de la perte du langage, de la tradition du récit et du lien avec la terre sur la santé mentale des jeunes et, par conséquent, des communautés entières. Les efforts déployés pour combler ces pertes dans le cadre de la vie moderne peuvent prendre des formes multiples. Au University College of Cape Breton (UCCB) de Sydney, en Nouvelle-Écosse, un petit groupe de jeunes voit dans les marionnettes une stratégie et un moyen qui tendent à rapprocher la perception des sciences des Mi'kmaq et des Occidentaux. Ces jeunes, tant autochtones que non autochtones, font partie de l'équipe de recherche sur les « sciences de l'intégration » de l'UCCB. À l'automne 2004, ce programme, unique en son genre, entre dans sa sixième année comme programme d'enseignement des sciences dans le cadre d'un diplôme de premier cycle en sciences, et dans sa troisième année à titre de programme de recherche de l'UCCB, qui bénéficie du financement de grands organismes subventionnaires canadiens. Le projet marionnettes du programme des Sciences de l'intégration a été mis sur pied grâce à un financement fourni par la Fondation pour la recherche en sciences de la santé de la Nouvelle-Écosse dans le but d'élaborer un nouveau programme d'enseignement portant sur la santé mentale et qui serait destiné aux enfants. Tirant profit de la perception scientifique des Mi'kmaq et des Occidentaux, ce programme suit la vision plus large du projet triennal de l'équipe de recherche, Integrative Health and Healing: Co-learning our way to expanding wholeness through restoration of relationships with the land, qui bénéficie du financement de l'ISA-IRSC (Institut de la santé des Autochtones des Instituts de recherche en santé du Canada).

Murdena, Charlie et le canot renversé
L'idée à la base de la création du programme des Sciences de l'intégration à l'UCCB était d'examiner localement un problème d'une grande importance dans le monde : l'incapacité généralisée à tenir compte des connaissances autochtones et indigènes dans les sciences. En réalité, les promoteurs du projet réclamaient un dialogue entre les réseaux de savoir autochtone et les sciences des Occidentaux bien avant que certaines des grandes institutions du monde, dont la Conférence mondiale sur les sciences de 1999 et le Sommet mondial sur le développement durable de 2002, commencent à s'y intéresser. À ce sujet, le programme de sciences de l'intégration de l'UCCB constitue un effort original et novateur dans les domaines de l'éducation et de la recherche scientifique universitaire à l'échelle mondiale. De surcroît, le projet de marionnettes est un effort unique pour transformer ce dialogue en un modèle de collaboration visant l'amélioration des communautés.

Le programme de sciences de l'intégration est le fruit de la vision et du dévouement de l'aînée Mi'kmaq Murdena Marshall, en collaboration avec Cheryl Bartlett. Mis en place au milieu des années 90, le projet a bénéficié durant les deux dernières années du financement à la recherche de la part du programme des Chaires de recherche du Canada et de l'ISA-IRSC, et a permis l'approfondissement de l'amitié et du partenariat qui existaient à l'origine entre Murdena et Cheryl. Ce partenariat a évolué dans le genre de cadre que seule une petite université comme l'UCCB peut offrir, dans lequel des membres du corps professoral comme Murdena (Études Mi'kmaq) et Cheryl (Biologie) ont pu se rencontrer quotidiennement dans les couloirs, à la cafétéria ou dans la salle de conférences. Dans le cas qui nous occupe, les travaux de Cheryl sur les vers parasites des oiseaux fascinaient Murdena, tandis que Cheryl était elle-même émerveillée par les connaissances traditionnelles de Murdena sur les aigles et les écosystèmes. Ce rapport n'a pas tardé à déboucher sur un partage d'idées sur la façon de redynamiser l'enseignement des sciences et de le rendre plus attrayant pour les étudiants des Premières nations, idées qui ont bientôt encouragé leurs auteurs à les concrétiser sous la forme du programme des sciences de l'intégration.

Si la majorité des travaux du programme se sont déroulés autour de la table de cuisine de Murdena pendant les années 90, ils ont aujourd'hui lieu dans ce qu'on appelle le « canot renversé », une annexe novatrice sur le plan architectural que Murdena et son mari, Albert, ont ajoutée à leur maison. Plusieurs autres participants se sont joints au projet, tout particulièrement Charlie Dennis (le directeur de l'Institut de ressources naturelles Unama'ki), un certain nombre d'étudiants en sciences Mi'kmaq et divers autres chercheurs universitaires non autochtones. Des rencontres officielles avec un nombre croissant d'aînés ont aussi été rendues possibles, en grande partie grâce aux vastes dimensions et à l'atmosphère inspirante de la salle de conseil du Mémorial Eugene Denny, qui se trouve dans les bâtiments proches de la Commission Eskasoni de la faune et du poisson. Au cours de ces rencontres, Murdena, Albert et les étudiants ont généralement joué le rôle d'interprètes, ce qui a permis le dialogue entre les aînés s'exprimant en Mi'kmaq et les chercheurs universitaires anglophones.

Adhésivité et résonance
En convertissant les légendes Mi'kmaq en représentation de marionnettes, le projet marionnettes vise à domestiquer l'énergie du récit, en particulier son « adhésivité » et sa « résonance ». Le récit reste généralement fixé dans l'esprit de celui qui l'entend longtemps après que l'information transmise par d'autres moyens se soit diluée. À mesure que le temps passe ou que l'expérience de la relation a de nouveau lieu, le récit a également tendance à gagner en ampleur chez celui ou celle qui l'a absorbé, le portant vers des niveaux plus riches ou plus constructifs de connivence et d'interconnectivité avec le monde.

Les marionnettistes en herbe du projet ont travaillé en étroite collaboration avec deux professionnels du théâtre Mermaid de Nouvelle-Écosse pour se familiariser avec la construction des marionnettes (à l'aide de matériaux provenant des forêts locales, par exemple, de la mousse, des brindilles, des feuilles, de l'écorce et des pommes de pin) et avec les représentations. Ils ont aussi créé un dialogue sur le thème de la légende Mi'kmaq, L'origine des grandes oreilles du lapin, et ont présenté ce spectacle devant des enfants à la garderie de l'UCCB. Par la suite, on a également créé des marionnettes et des dialogues pour d'autres légendes Mi'kmaq, le but étant de présenter ces spectacles devant les élèves des écoles primaires des communautés Mi'kmaq, ainsi que devant des adultes, lors de colloques sur l'environnement.

Voici un exemple d'utilisation de ce projet dans un contexte adulte : au mois d'octobre 2004, le programme de sciences de l'intégration proposera un atelier de « planification environnementale » au Cap-Breton. Il permettra de combiner les perceptions traditionnelles Mi'kmaq et les sciences occidentales pour jeter un regard sur l'état de la région des lacs Bras d'Or et le bassin hydraulique environnant, un écosystème qui se trouve non seulement au coeur spirituel du peuple Mi'kmaq au Cap-Breton, mais qui constitue aussi le foyer actuel de nombreuses autres communautés culturelles. Dans cet atelier, on se servira des marionnettes pour contribuer à lancer le débat sur la nécessité de reconnaître et d'englober autant les sciences occidentales « objectives » que le savoir Mi'kmaq « subjectif » dans le processus de planification environnementale.

Les sciences et le récit
La communauté scientifique non autochtone, et peut-être la société en général, en vient à mieux comprendre (quoique lentement) que les peuples autochtones et indigènes entretiennent une connaissance intime de leur environnement, une connaissance intuitive tirée de récits portant sur des systèmes de connaissances vivantes mettant les générations humaines en contact avec les diverses formes animées et inanimées avec lesquelles elles partagent la terre, l'eau et l'air. Les récits mi'kmaq se caractérisent par une langue et des concepts susceptibles d'enrichir le savoir scientifique et d'élargir nos connaissances sur les interconnexions environnementales à l'échelle du paysage et de la communauté. La plupart des légendes mi'kmaq renferment des concepts qu'il est possible d'adapter à la tâche difficile, mais agréable, de combiner les perceptions scientifiques occidentales et autochtones.

Ainsi, la légende L'origine des grandes oreilles du lapin traite de l'importance du soleil (Na'ku'set) pour la vie sur terre, plus particulièrement de son rôle dans l'existence quotidienne des animaux de la forêt. Dans cette légende, les oreilles du lapin allongent pour lui rappeler son audace malvenue (ki'kaja'sit) lorsqu'il s'efforce de faire croire aux autres animaux que le soleil va cesser de briller. Le lapin crée ainsi un déséquilibre énergétique chez de nombreux animaux et perturbe l'harmonie de la forêt : l'écureuil se met à rassembler frénétiquement de la nourriture et transmet son angoisse au renard, qui dit au porc-épic qu'il ne restera bientôt plus rien à manger et que le temps deviendra très froid, une sorte d'hiver perpétuel. Le porc-épic alerte la chouette, qui réveille l'ours pour lui annoncer la mauvaise nouvelle. Au bout du compte, Kluscap rassemble les animaux pour savoir ce qui a provoqué un tel état de panique. Découvrant le rôle joué par le lapin, Kluscap l'attrape par les oreilles et le tire jusqu'à sa cachette dans les fourrés en lui disant « lapin! tes longues oreilles serviront à rappeler à tous de ne pas croire à tes sornettes ».

Les scientifiques occidentaux ont tendance à explorer les relations biogénétiques, comme celles qui concernent le cycle énergétique solaire, en concentrant leur attention sur des processus cellulaires comme la photosynthèse et le métabolisme du glucose; autrement dit, ils s'intéressent au niveau suborganique, sans se préoccuper des autres niveaux. Par opposition, les récits mi'kmaq mettent l'accent sur les liens du plan organique avec celui de l'extérieur, enrichissant ainsi notre perception des processus naturels et des leçons qu'on peut en tirer concernant d'autres formes d'énergie relatives au respect et à la réciprocité entre créatures.

Pour les scientifiques occidentaux, ce symbolisme et cette résonance sont anthropocentriques et, donc, tabous. Cela soulève toutefois la grande question de savoir si, oui ou non, on pourrait se préoccuper davantage de beaucoup de problèmes environnementaux actuels dans le monde si le nombre de personnes qui saisissent nos rapports participatifs avec la terre était plus élevé et si ces rapports tenaient davantage compte des récits didactiques à tous les niveaux (en faisant place, dans les dialogues didactiques, au raisonnement analogique et holistique, en plus de la pensée analytique et réductionniste des scientifiques occidentaux). Par exemple, le sujet familier de l'appauvrissement de la couche d'ozone témoigne bien de notre manque actuel de sensibilité de la place que nous occupons comme êtres humains au sein du réseau d'énergie solaire. Le monde aurait pu s'intéresser bien plus tôt à l'appauvrissement catastrophique de la couche d'ozone, et même l'éviter, si nos scientifiques, ingénieurs et fabricants étaient partis d'une perception globale concernant la place de l'être humain dans le réseau de l'énergie solaire et s'ils avaient pris conscience de la rétroaction et réciprocité négative potentielle du rejet immodéré de produits chimiques dans l'atmosphère.

Les récits mi'kmaq peuvent aussi servir à une plus grande prise de conscience sociale sur le plan de la langue. Ainsi, une « prise de conscience réfléchie » est un élément essentiel de la vision du monde Mi'kmaq et elle fait partie intégrante de sa linguistique. Nous désignons par là la reconnaissance de rapports allant au-delà du soi immédiat, de la dynamique d'un ensemble plus vaste. Dans le récit L'origine des grandes oreilles du lapin, on retrouve des valeurs culturelles Mi'kmaq réfléchies dans les nombreux mots Mi'kmaq associés aux « comportements liés aux provisions d'aliments ». La recherche d'aliments (« manger » se dit mijisit) peut devenir de la gourmandise si elle mène au fait de se gaver (oqome'k), de stocker des aliments (mesuqtaqnat), ou encore de ne penser qu'à soi (newtite'lsit). On peut aussi planifier de manière plus positive en préparant des réserves de nourriture (nikanita'sit) ou en les accumulant comme l'écureuil (mijipskat).

La conscience écologique
Comme la plupart des légendes Mi'kmaqs, L'origine des grandes oreilles du lapin aborde divers concepts liés à la méthodologie environnementale (ta'n tela'tu'n), en faisant, par exemple, des observations sur les choses qui nous entourent (ne'te'k), ou encore en faisant des prédictions positives ou négatives (kistliatew). On y trouve aussi des concepts relatifs à la « théorie » (ankita'suaqn) : le Mi'kmaq comprend quatre mots pour désigner « l'hypothèse », selon que le sujet est singulier ou pluriel, animé ou inanimé.

Il existe aussi de nombreux concepts relatifs à la dynamique des écosystèmes : la biodiversité est un concept commun à la vision du monde scientifique et à celle des mi'kmaq, bien que ces derniers établissent une différence complémentaire entre le monde inanimé (milesik mimajuaqn) et le monde animé (milesit mimajuaqn). Une communauté écologique peut être riche en animaux (waisisue'kati) ou en poissons (nmeje'kati). Le changement survenant au fil du temps (c'est-à-dire l'évolution) trouve son illustration dans des termes comme pileyawit (« nouveau maintenant »), sa'se'wa'sit (« changement vers ») et pemi-kiwaska'sit (« rotation perpétuelle »). On retrouve les concepts de gestion des écosystèmes dans les termes welo'tm msit kisitaqn (« préservation ») et netukulimk (« durable »).

Une autre légende mi'kmaq, La conquête du ouaouaron, traite de l'importance de conserver l'état enrichi des ressources naturelles par la promotion de comportements humains adaptés à leur utilisation. Dans ce récit, le ouaouaron est le chef d'une communauté, une créature bouffie couchée dans le lit d'un ruisseau, de sorte qu'il bloque le passage de l'eau vers une deuxième communauté située en aval. Un jour, une poignée de jeunes gens courageux issus de cette deuxième communauté découvrent l'origine de ce blocage, mais le ouaouaron autorise alors que le passage d'un filet d'eau crasseuse. Ainsi, les gens vivant en aval meurent de soif et parlent entre eux de la nécessité du partage. Découvrant leur détresse, Kluscap intervient : il transperce le ouaouaron, permettant ainsi à nouveau le passage de l'eau claire. Kluscap dit au ouaouaron : « Désormais, tu vivras dans l'eau sale et tu auras toujours la gorge sèche (et la voix rauque). Que les rides de ton dos rappellent constamment au monde ce qu'il advient de ceux qui refusent de partager. »

Tout comme les grandes oreilles du lapin sont le signe des conséquences fortuites des mauvaises blagues, les rides de la grenouille servent à rappeler aux gens que le bonheur, la santé et la longévité de leur communauté dépendent de leur capacité à surmonter leur avidité. La conquête du ouaouaron transmet le message qu'il faut vaincre l'avidité individuelle des hommes par des actions à l'échelle de la communauté.

Le concept mi'kmaq de Keknuaqnasit kulaman mikuite'tew, qui signifie « grâce à moi, souvenez-vous de ce message », illustre le symbolisme des cadeaux et leçons donnés par les animaux aux êtres humains par le souvenir de ces récits. L'idée qu'un animal puisse donner une leçon aux êtres humains renferme un aspect particulier concernant les différentes visions du monde et les légendes des autochtones, ainsi que les rapports qu'ils entretiennent avec la nature. Prenons la comparaison suivante : dans les visions du monde réductionnistes, comme celles des scientifiques occidentaux, l'univers « se tient » sous la forme d'éléments et d'ensembles : les ordres naturels sont démontés pièce par pièce pour en édifier la compréhension. Ainsi, la science s'efforce d'explorer l'inconnu tout en se cantonnant essentiellement dans l'univers du connu. Par ailleurs, dans les visions du monde plus « intégrées », comme celles des mi'kmaq, il faut se mouler dans les ordres naturels en constante évolution; il faut y prendre part. La nature « fait signe » aux êtres humains : se mouler dans la nature exige une ouverture aux voyages dans l'inconnu, où réside le don de la créativité. Cela implique souvent des voyages rendus possibles par des guides animaux et des guerriers spirituels. Les récits autochtones exigent sans cesse de l'apprenti qu'il « croisse en évoluant » plutôt que de se contenter « d'avancer ».

Bon nombre de termes tirés de La conquête du ouaouaron renferment, dans leur sens même, des symbolismes connexes. Tout comme les grenouilles se métamorphosent de têtard à l'état adulte (nikwet signifie « croître »), la conscience d'un humain devrait évoluer avec le temps vers une sagesse plus profonde, ou nsi-tuo'qn. Le fait d'élargir sa conscience grâce au voyage de l'existence se définit par le terme « visible par la sagesse » (nsi-tuo'qn kekunm). Au fil de l'existence correspond nécessairement un mouvement dans la conscience allant du niveau individuel (nestu'et) au niveau collectif (nestua'tijik), et, au bout du compte, vers l'idée que « nous sommes tous un » (nkte'ji'k). Le wiaqi telsi nike désigne l'évolution d'une conscience « centrée sur le moi » vers un mode de pensée « centré sur le nous ».

Parmi les autres concepts relatifs à la durabilité des ressources dans La conquête du ouaouaron, notons, « l'eau claire » ou « le courant est constitué d'eau claire » (waqmapua'q) et « l'eau sale » ou « le courant est constitué d'eau sale » (mejikapua'q), de même qu'une compréhension plus large de l'aspect essentiel de l'eau pour la vie (samqwan npisunapu signifie « remède d'eau »; ikn namakwemkeway, « don divin »). En matière de durabilité, un changement pour le pire se dit emekwe'k, et un changement pour le meilleur, tepjike'k.

L'évolution numérique
Comme tous les êtres humains pendant leur existence, le projet marionnettes des Sciences de l'intégration doit évoluer. À l'heure actuelle, il n'existe que sous la forme incarnée de jeunes marionnettistes; et, pourtant, l'univers actuel plus vaste repose sur la « communication numérique ». C'est pourquoi l'équipe envisage d'agrandir le site web des Sciences de l'intégration [ce lien n'est plus actif http://faculty.UCCB.ca/msit] en créant une section d'exploration interactive des légendes, des marionnettes, des matériaux forestiers et des concepts de biodiversité déjà présents dans le projet des marionnettes, et ce, dans le but de contribuer à ce que le savoir traditionnel imbriqué dans la langue mi'kmaq et ses histoires demeure le souffle vivant des communautés des Mi'kma'ki.

Le projet marionnettes repose sur la conviction qu'il est possible de combiner les aspects complexes des sciences des occidentaux avec les perceptions profondes de la nature que l'on retrouve dans les systèmes de connaissances autochtones et indigènes. Ce genre de « covision », (comme l'appelle l'aîné mi'kmaq Albert Marshall) permettrait aux jeunes de profiter à la fois des atouts de la « langue rigoureuse » des sciences occidentales et de la « langue vigoureuse » du savoir traditionnel. Sans conteste, le concept nkte'ji'k (« nous sommes tous un ») s'avère, à l'époque dans laquelle nous vivons, un besoin selon lequel il nous faut reconnaître et adopter l'interconnectivité participative et proclamer la vie inhérente aux récits mi'kmaq.

Cheryl Bartlett est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sciences de l'intégration et professeure de biologie au University College of Cape Breton (UCCB). Murdena Marshall (M.Ed.) est une aînée de la Première nation Mi'kmaq Eskasoni et ancienne professeure adjointe en études Mi'kmaq à l'UCCB. Sana Kavanagh (B.A.) est actuellement assistante de recherche au sein du programme de Sciences de l'intégration de l'UCCB

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