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circuits sensibles : robot quémandeur
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Norman White : Le robot quémandeur (1987-96)
Description, Bio, Ideés

Description du robot
par Norman White

Le robot quémandeur n’a pas de moteur. Il compte sur sa voix de synthèse pour encourager les gens à le déplacer comme il le « souhaite ». Heureusement, il est trilingue et peut donc se faire comprendre en anglais, en français et en espagnol.

Le robot quémandeur a été construit essentiellement comme un dispositif pour tester différentes techniques de développement automatique des connaissances. La machine doit tenter d’évaluer puis de prédire le comportement humain. Un travail sans fin… !

Biographie de l'artiste
par les rédacteurs d'HorizonZéro
Norman White est né au Texas, a grandi à Boston et a obtenu son baccalauréat en biologie de l’Université Harvard en 1959. Au départ, Norman pensait devenir biologiste marin, mais les défis de l’art ont bientôt pris le dessus sur ceux de la science. Au cours des années soixante, il a énormément voyagé, travaillant comme électricien de chantier naval à San Francisco et peintre à Londres avant de passer une année au Moyen-Orient, où il a été fasciné par la géométrie logique et par la sensibilité biologique de l’art et de l’architecture musulmans. En 1967, White déménage à Toronto, où il commence à élaborer des œuvres en expérimentant avec l’électronique cinétique. Il enseigne la Mécanique pour sculptures en temps réel au Ontario College of Art and Design depuis 1978 dans le cadre du Integrated Media Program.

À ses débuts, l’art électronique de White consistait surtout en des installations de grilles d’ampoules contrôlées par des circuits archaïques. Comme la plus grande partie de son art, ces installations portaient davantage sur la communication de règles internes et sur le comportement que sur l’aspect visuel. Par exemple, le premier travail électronique important de White, First Tighten Up on the Drums (1969), générait un motif chatoyant de lumière en fonction de l’interaction imprévisible de plusieurs circuits interconnectés, qui calculaient « individuellement » de simples questions de logique. Des comportements complexes — par exemple, des motifs similaires à des nuages tourbillonnant ou à de la pluie sur une vitre — émergèrent de ces principes de base. En rétrospective, White estime que ce premier projet représentait en quelque sorte une expérience précoce d’automate cellulaire. Il a construit une douzaine d’installations similaires au début des années soixante-dix, une série qui a pris fin avec Splish Splash 2 (1975), une énorme murale de lumière commandée par la Société Radio-Canada pour ses bureaux de Vancouver.

Après l’achat de son premier ordinateur, en 1976, White commence à s’intéresser à la robotique, qui faisait alors ses premiers pas. De 1976 à 1980, White crée des machines interactives dont la logique interne s’exprimait surtout par le mouvement.

Menage (1974) est la première œuvre robotique de White qui, de nouveau, démontre son intérêt pour l’étude des comportements complexes engendrés par de simples principes de base. Quatre robots, installés sur des rails au plafond d’une pièce, étaient munis d’un scanneur sensible à la lumière et programmés de façon à réagir aux lumières installées sur les autres robots. Les machines se faisaient compétition pour l’attention de l’un et de l’autre en se déplaçant sur les rails. Le résultat fut une surprenante dynamique de groupe.

Les projets robotiques subséquents de l’artiste incluent : Facing Out Laying Low (1977), un robot interactif stationnaire conçu pour réagir aux comportements qui se présentaient à lui dans l’espace de l’exposition et qu’il jugeait « intéressants »; Funny Weather (1983), un robot générateur de courants d’air ; Them Fuckin’ Robots (1988, en collaboration avec Laura Kikauka), qui enquêtait sur le sexe simulé ; et The Helpless Robot (1987-96), une sorte de quémandeur électronique qui demande l’assistance des passants de sa voix synthétique.

Depuis 1992, White a aussi été un des acteurs principaux du O.C.A.D. Sumo Robot Challenge, une compétition annuelle semblable aux Jeux Olympiques pour automates, dans laquelle les robots participants dansent, font de la peinture, ou se détruisent entre eux.

Au cours de sa carrière, qui couvre trois décennies, Norman White a aussi créé plusieurs œuvres électroniques solos ou en collaboration dans des domaines qui incluent les installations sonores et les télécommunications électroniques. Pour en savoir plus sur ses intérêts, sa philosophie et son œuvre, visitez le site Web de l’artiste. Vous y trouverez également un musée de vieils ordinateurs, un livre de recettes composé à partir de nouvelles technologies, et une passion pour la logique floue ainsi que des citations ésotériques.

Source: The Normill

Ideés de l'artiste
par Norman White
Citation préférée de Norman White :

« Si je dois travailler pour un idiot, autant que ce soit moi. »
— John Kyley
« Deniz cok, barbek yok. »
— Norman White

Credo de l’aritiste
1. L’art doit s’intéresser au comportement autant qu’à l’apparence.
2. Le meilleur se produit dans l’art quand comportement et apparence sont antinomiques.
3. L’économie de moyens est une part cruciale de l’esthétique.
4. L’art remplit le mieux sa fonction en dehors des galeries et des musées; c’est aussi là qu’il est le plus nécessaire.

Source: The Normill

Liens:
[http://www.normill.com]

[http://www.ocad.on.ca]

L’ordinateur comme palais des miroirs
À mon avis, l’art n’est vivant que s’il nous fournit un cadre pour réfléchir le monde comme le fait la science, bien qu’à mon sens la « bonne science » se montre trop limitative. Je préférerais poser des questions qui concerneraient simultanément une multitude de mondes… des organismes à la culture en passant par le désordre et la rouille. Seul l’art me fournit cette globalité.

Jusqu’à aujourd’hui, peu d’artistes ont réalisé que l’ordinateur est bien plus qu’un outil. Un outil est un objet prévu pour effectuer un nombre de défini tâches. L’ordinateur en revanche est caractérisé par une fonctionnalité sans limites. Même ses concepteurs ne peuvent et ne pourront jamais cerner l’étendue totale de ses capacités. Toute la notion du traitement de l’information est un code qui prend de l’ampleur au fur et à mesure que la conscience de la machine grandit, le sens ultime de ce code demeurant toujours hors de notre portée. C’est comme si on s’était accidentellement empalé sur la corne de la bête au cœur du labyrinthe de l’existence.

Une partie du problème réside dans le mot ordinateur lui-même. Ce terme implique une action intentionnelle et des résultats limités. Il serait plus juste de le nommer palais des miroirs, ce qui nous rappellerait sa capacité à intégrer notre intention et à nous la restituer après une métamorphose surprenante. Celle-ci peut servir de pont conceptuel à un tout nouveau modèle de pensée et d’investigation.

Grâce à l’effet palais des miroirs, mon travail a pu se libérer des attentes humaines et d’une forme de contrôle étroit tout aussi humain. Un autre aspect de cette libération réside en une libération de contexte. Je pense que pendant trop longtemps la société s’est attachée à l’idée que les galeries d’art font partie intégrante de la pratique artistique. Il en a résulté l’aliénation de nombreux secteurs d’une société intimidée par l’aura extrêmement contrôlée et empruntée de la galerie d’art moyenne. Mes projets de ces dix dernières années ont, par conséquent, inclus des stratégies visant à rapprocher l’art des gens et spécialement des personnes qui n’entreraient jamais de leur plein gré dans une galerie. Souvent, la manière la plus efficace d’y parvenir est de présenter le travail hors des galeries, anonymement, sans étiquette ni explication. Ainsi, le travail, déjà libéré d’un contrôle strict, catapulte le spectateur dans un contexte complètement ouvert, pas trop encombré de structures. Avec un peu de chance, ces réflexions, essentielles à la création, passeront inaperçues et glisseront sans prise sur le spectateur, sans le rebuter.

Source: The Normill

Robotique et pêche
Le plus gros problème que je rencontre avec les ordinateurs, c’est qu’ils se ressemblent tous. Le clavier, la souris, l’écran… Lorsque vous en avez vu un, vous les avez tous vus. La faute de cette absence de diversité n’incombe pas aux ordinateurs, mais plutôt aux idées étroites que les concepteurs ont du rôle de la machine. Je m’interroge beaucoup sur la variété de moyens sur mesure qui permettraient aux ordinateurs d’interagir avec les humains et le monde en général. La plupart du temps, cette réflexion aboutit sur des sessions de bricolage de robots. Je réussis souvent à intégrer mes inventions dans mon art, après bien sûr en avoir éliminé toute trace d’une quelconque utilité.

Rétrospectivement, je pense que mon amour de la robotique est né d’une passion d’enfance pour la pêche. En résumé, j’aimais aller pêcher dans les rivières parce que je pouvais y pêcher à la mouche. Seule importait la manière dont l’appât réagissait. Si je faisais simplement glisser la mouche sur l’eau, ce mouvement lui donnait l’air d’une souris qui nageait. Mais avec patience et créativité, à force de coups secs de canne à pêche, je pouvais lui donner l’aspect d’un vairon blessé. En fin de compte, je cherchais à donner un aspect subtilement vivant à cet artifice de chrome et de plastique aux couleurs criardes. C’est ainsi que naquit ma fascination pour la création de robots, cette faculté de créer quelque chose de vraiment artificiel, composé de fils et de tubes, mais qui peut d’une certaine façon prendre les attributs fonctionnels d’un organisme vivant.

La métaphore des grille-pain
Dans le Normoulin (Normill), je conçois et fabrique des appareils qui, contrairement aux grille-pain, sont complètement superflus et inutiles. Je serais fier de savoir réparer un grille-pain. Peu savent le faire et, ça, c’est parce qu’il est presque impossible de réparer les grille-pain modernes : ceux-ci sont maintenus par de petites attaches flexibles qui cassent dès qu’on les plie plus de deux fois. Les fabricants de grille-pain s’attendent évidemment à ce qu’on fasse le bon geste, qui consiste à balancer l’appareil défectueux à la poubelle et à en acheter un nouveau ! L’un dans l’autre, le grille-pain qui fonctionne est le symbole parfait de l’appareil moderne en général… chic et efficace !

Néanmoins, en fixant durant des heures l’écran haute résolution chic et efficace de cet ordinateur, vous et moi nous abîmons les yeux, sans compter que nous ruinons nos vies sociales… Mais moi, je m’en fiche… Pas vous ?

Source: The Normill

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