version imprimable
>
l'artiste en tant qu'inventeur : reconnaissance
Voyez cet article en version Flash nécessite Flash 6 >
Reconnaissance
ARS Electronica 2002-- Rokeby Unplugged
Depuis ses débuts en 1979, le Festival Prix Ars Electronica de Linz, en Autriche,
est devenu l'un des plus importants rendez-vous annuels réunissant les artistes
de l'art numérique et les théoriciens culturels du monde entier. Durant les
deux dernières décennies, le festival a exploré le territoire en pleine expansion
des nouveaux médias par le biais de thèmes allant du sublime, avec «Sky Art»
en 1982, à la catastrophe, avec « Out of Control » en 1991, qui se voulait un
regard sur le phénomène de la mécanisation effrénée.
Le thème du festival de 2002 correspond en tous points à notre monde, de nouveau
en guerre : « UNPLUGGED : L'art, scène des conflits mondiaux »; particulièrement,
il met l'accent sur la mondialisation, l'Afrique et le Tiers-Monde. Sur le site
Web [http://www.aec.at/festival2002/] du festival, Gerfried Stocker,
directeur artistique d'Ars Electronica, explique :
Le choix du thème pour Ars Electronica 2002 est représentatif de la force
avec laquelle l'élément politique se manifeste de nouveau et continuera de
se manifester dans l'art, dans les discours intellectuels et dans la pratique
de l'art un phénomène qui n'est pas apparu en fonction des événements du 11
septembre, mais qui, au contraire, s'est amorcé conjointement avec les mouvements
de protestation qui ont eu lieu à Seattle, à Gênes et à Porto Alegre. Ce phénomène
progresse essentiellement grâce à l'énergie et l'apport fournis par la génération
des computerkids. La question de l'art en tant que scène des conflits
mondiaux s'appuie sur le pouvoir viral de l'art ainsi que sur sa capacité à
élaborer des stratégies, des approches et des modèles conceptuels différents.
Cette année, l'artiste canadien David Rokeby a été mis en nomination pour
l'un des plus prestigieux prix du festival, le Golden Nica, dans la catégorie
Art interactif. Rokeby a remporté ce prix grâce à n-cha(n)t, une oeuvre
novatrice utilisant des machines qui parlent afin d'examiner la tension qui
peut survenir entre les intelligences humaine et artificielle. L'installation
lauréate, décrite par Rokeby comme « une communauté d'ordinateurs se parlant,
bavardant entre eux, réfléchissant, entonnant des chants », semble un choix
étrange dans le contexte d'un thème aussi politiquement chargé, bien que l'oeuvre
soit ravissante d'un point de vue linguistique. En y réfléchissant, on se rend
compte que l'art de Rokeby a souvent été subtilement politique et anticonformiste,
dévoué à des modèles conceptuels différents qui nous obligent à remettre en
question la technologie et son utilité quotidienne en tant qu'expression du
désir humain.
Si le concept de la mondialisation et le World Wide Web ont grandi ensemble,
le fait de remettre en question les politiques supportant une planète mondialement
connectée peut également mener à une remise en question de la technologie qui
la soutient. Examinant l'authenticité de l'intelligence artificielle, la dynamique
de l'interaction entre l'humain et l'ordinateur, ou même le caractère complètement
envahissant de la surveillance numérique, l'art de David Rokeby a toujours essayé
d'attirer l'attention sur la technologie en tant que telle, particulièrement
sur sa capacité d'influencer la perception et le comportement humains. Dans
un monde où la technologie s'est introduite presque partout, où l'influence
de l'ordinateur sur les êtres humains devient de plus en plus invisible, on
ne peut être plus politique que cela.
Cette année, David Rokeby a remporté un Golden Nica à Ars Electronica. Voilà
la troisième fois qu'il reçoit un prix dans le cadre de ce festival. En 1991,
Rokeby a remporté l'exceptionnelle distinction d'honneur pour son installation
musicale Very Nervous System. En 1997, Rokeby et son collaborateur Paul
Garrin ont récolté la distinction d'honneur dans la catégorie Art interactif
pour leur vidéo Border Patrol.
|