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l'artiste en tant qu'inventeur : bio de l'artiste
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David Rokeby
Biographie de l'artiste

L'art est mon véhicule. La Programmation me fournit l'essance qui le fait rouler.
-- David Rokeby

Artiste de l'audio et de la vidéo interactive, David Rokeby vit à Toronto, en Ontario. Ses installations de nouveaux médias ont été saluées au Canada et sur la scène internationale pour leurs qualités novatrices sur les plans tant artistique que technique, et ce, dans le domaine de l'interactivité. En 2002, pour sa carrière remarquable, il a obtenu le prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques. En 2002 toujours, grâce à son installation n- cha(n)t, Rokeby a remporté le prestigieux prix Golden Nica en art interactif du festival autrichien Ars Electronica.

Rokeby est né à Tillsonburg, en Ontario, en 1960. Comme bien des enfants de sa génération, son expérience de l'électronique expérimentale commence tôt. « Quand j'étais très jeune, j'ai passé beaucoup de temps à boulonner toutes sortes de choses avec une trousse de RadioShack, laquelle comprenaient des transistors et d'autres éléments », remarque l'artiste. « J'étais à la recherche de sons étranges. Je reliais différentes choses ensemble jusqu'à ce qu'elles commencent à chauffer et à réagir bizarrement... Ces expériences étaient habituellement impossibles à répéter parce que les systèmes étaient poussés jusqu'à un point d'instabilité. » Rokeby commence à s'intéresser à la programmation informatique en 1976. L'art électronique devient pour lui un choix sérieux au début des années 80, pendant qu'il poursuit ses études au Ontario College of Art and Design (OCAD). « J'ai vécu une réelle transformation durant mon séjour au OCAD raconte Rokeby. « J'avais l'intention de faire un baccalauréat en art commercial, mais pour une raison ou pour une autre, j'ai suivi tous les cours les plus insolites du département d'art expérimental. Je ne me souviens pas avoir pris la décision de changer d'orientation, d'une carrière vers l'inconnu, c'est tout bonnement arrivé... J'ai fait mes débuts au OCAD en tant qu'artiste aspirant confus, et j'ai quitté le collège avec un sens de l'orientation très clair et très idiosyncratique. »

L'ordinateur fait son entrée dans l'art de Rokeby en 1983, année où il crée sa première installation interactive audio, Reflexions, laquelle est suivie de près par Body Language en 1984. Ces oeuvres sont les prototypes de ce qui deviendra Very Nervous System (1986-90; VNS), le projet le mieux connu de Rokeby et dont la grande première a eu lieu à la Biennale de Venise en 1986; cette oeuvre a par la suite valu à Rokeby de remporter le Prix Ars Electronica en 1991. Tout comme les projets précédents de Rokeby, le VNS utilise des caméras vidéo, des ordinateurs et des systèmes audio afin de créer des espaces interactifs dans lesquels les gestes sont traduits par de la musique. Le projet naît d'une recherche que l'artiste effectue sur la relation qui peut s'établir entre les humains et les machines interactives ­ un thème qui alimente en grande partie le travail de Rokeby. Plus tard, durant les années 90, Rokeby met au point le softVNS, une version logicielle du système d'étude des mouvements VNS. Ce logiciel est commercialisé, et un grand nombre d'artistes et de musiciens en art interactif en font l'acquisition et s'en servent désormais. De plus, de nombreux programmes médicaux en réadaptation l'ont utilisé pour développer des techniques thérapeutiques basées sur la réalité virtuelle.

Rokeby donne suite à ses projets audio avec une série d'installations vidéo utilisant le VNS comme un instrument qui permet de travailler avec des images dans un espace interactif. Cette série d'oeuvres examine l'expérience sensorielle et la perception humaine, ainsi que les différentes manières dont les technologies numériques, bien souvent, filtrent et distordent les expériences humaines. Plusieurs de ces oeuvres vidéo ser-vent également à illustrer l'inquiétude de l'artiste par rapport à la surveillance numérique, au voyeurisme et à la domination sociale. Silicon Remembers Carbon (1993-2000), Watch (1995), Watched and Measured (2000), Guardian Angel (2001) et Shock Absorber (2001) sont parmi les plus importants projets vidéo de Rokeby dans cette catégorie.

Un autre projet bien connu de Rokeby, The Giver of Names (de 1991 jusqu'à aujourd'hui), est passée par divers stades de développement pour enfin atteindre son apogée avec l'installation n-cha(n)t, à laquelle on a décerné un prix en 2002. Ces oeuvres explorent les différences entre les intelligences humaine et artificielle en utilisant des ordinateurs programmés pour analyser des mots ou des images visuelles, et pour répondre par des paroles étranges, c'est-à-dire des phrases idiosyncratiques, curieusement poétiques, qui semblent doter les machines de personnalités et d'opinions cohérentes bien que singulières.

D'autres projets artistiques récents de Rokeby concernent les perceptions du temps et de la mémoire. Machine for Taking Time (2001) a été commandée par les Oakville Galleries de Oakville, en Ontario. Cette installation aborde les thèmes du temps, de l'espace et du changement par le biais d'un montage d'images archivées qui proviennent d'une caméra vidéo placée dans le jardin de la galerie. La caméra balaie le site et enregistre des images tout le long des saisons, de manière à rappeler le caractère changeant et non linéaire de la mémoire humaine. Une installation récente, Steamingmedia.org (réalisée avec Tapio Mäkelä; travail en cours), présentera également des images vidéo archivées, sélectionnées au hasard, mais, cette fois, dans le contexte de saunas finlandais interconnectés pour permettre une communication télématique.

Musique et mouvement, temps et sens, surveillance et intelligence singulière. Rokeby est considéré par plusieurs comme un artiste énigmatique, un anticonformiste travaillant souvent à l'encontre des dispositions de l'ordinateur afin d'atteindre ses objectifs sur le plan esthétique, un artiste dont les plus importantes influences artistiques se trouvent à l'extérieur du monde de l'art numérique. « Je ne crois pas que les nouveaux arts médiatiques aient façonné mon sens de l'esthétique autrement que d'une façon détournée et accidentelle », explique Rokeby. « J'utilise la machine d'une manière tout à fait personnelle. J'écris mon propre code, je développe un style qui m'est propre. Bien entendu, l'ordinateur a donné forme à mon travail ­ surtout en me fournis- sant un contexte qui me permet d'assigner un mouvement à des forces, qu'elles soient interactives ou non. » L'inspiration qui guide ces forces provient notamment, pour cet artiste, de la musique, des arts visuels et de la littérature. « John Cage et Marcel Duchamp sont en tête de liste, indique Rokeby, mais j'ai également été fortement influencé par un bon nombre d'auteurs : Jorge Luis Borges, Octavio Paz, Michel Tournier, Thomas Pynchon, Russell Hoban et Robert Musil. »

Les succès continuels de David Rokeby dans le domaine des arts interactifs lui ont permis de participer à des expositions prestigieuses dans le monde entier, notamment au musée Kiasma, à Helsinki (2000), à la Biennale de Florence (1996), à la Biennale de Kwangju, en Corée (1995), et de participer, à trois reprises, au Festival Ars Electronica. Récemment, on a demandé à Rokeby d'assumer une fois de plus, sur la scène internationale, le rôle d'ambassadeur de l'art canadien en collaborant avec deux concitoyens, la pianiste Eve Egoyan et l'architecte Michael Awad, afin de créer Next Memory City, le projet qui représentera le Canada à l'exposition d'architecture de la Biennale de Venise en 2002.

Note:
Toutes le citations proviennent d'une entreveue avec David Rokeby, realize par Patricia Robertson et commandée par HorizonZéro en juillet 2002.

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