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Nouveaux mouvements : Empreintes sonores et traces de données
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Empreintes sonores et traces de données
Traquer les dérives et les échos de l'invisible sans-fil
par tobias c. van Veen, traduit par Danielle Henripin

Sans fil ni lieu
En 1906, Reggie Fessenden effectue la première transmission d'une voix humaine; quelques années plus tard, en 1910, c'est la voix du grand ténor Caruso qui est portée par les ondes. Ainsi naît la radio, premier art sans fil. Or, le premier rêve sans fil, véhiculé non sans méfiance par Walter Benjamin et Kurt Schwitters, Nikola Tesla et Kurt Weill, est à peu près oublié aujourd'hui, bien que les tribunes de la contestation demeurent à peu près les mêmes. Les nouveaux médias, qui suscitent l'enthousiasme, mais qui ont tendance à évacuer l'histoire, relancent certains des débats qui avaient jadis entouré la radio : au sujet de l'interactivité, mais aussi au sujet du contrôle commercial et corporatif, de l'accessibilité et du coût. Bertolt Brecht a résumé la problématique de la radio lorsqu'il a déclaré en 1932 : « Indépendamment du caractère douteux de ses fonctions, la radio est unidirectionnelle alors qu'elle devrait être bidirectionnelle1. »

Aujourd'hui, si nous n'avons pas encore la possibilité de communications multilatérales, nous avons la possibilité d'une communication bidirectionnelle grâce à des appareils sans fil qui tiennent dans la main - des téléphones cellulaires aux ordinateurs portables, aux ordinateurs de poche et aux réseaux sans fil - qui transportent toutes sortes de données, y compris des images vidéo, des fichiers audio, des logiciels et du texte. On tente de donner à ces appareils, déjà « conscients » de leur situation géographique grâce aux GPS (Global Positioning Systems), une sensibilité contextuelle, c'est-à-dire la capacité de distinguer les bonnes informations des mauvaises (les pertinentes des moins pertinentes), afin que ce fouillis d'informations devienne un « Web sémantique ». Dans quel but? Prenez l'exemple du collectif d'artistes britanniques Blast Theory [www.blasttheory.co.uk]. En utilisant des appareils portatifs pour explorer les données virtuelles « projetées » sur des topographies urbaines existantes, les joueurs de ces jeux amusants et stimulants montrent que le sens principal du jeu est le même que celui qui a brouillé le premier usage de la radio : c'est-à-dire un usage commercial, principalement dans les domaines de la publicité et des jeux vidéo.

Quand la pertinence est déterminée par les lois du marché, quand les coordonnées GPS servent à envoyer l'usager au McDonald's le plus proche - l'art, fut-il sans fil, devient une autre intrusion considérable, une consigne à sens unique. Le théâtre éphémère de l'art sans fil sous toutes ses formes est un combat délocalisé, à destinataires multiples, qui reprend les enjeux historiques de la radio, mais cette fois, avec les technologies et les logiciels libres et ouverts, avec le développement de logiciels dirigés par des artistes; avec la maîtrise des programmeurs et la verve des hackers; et avec une approche collective, à l'image d'une ruche, consistant à prédire les mouvements de l'ennemi sur l'ensemble de la planète. Ce mécanisme vise à engager pleinement le participant, en l'encourageant à devenir un créateur et non plus un simple consommateur de contenu : il subvertit la dynamique émetteur/récepteur de la communication, les définitions de bruit et de parasite, d'efficacité et de pertinence. On entrevoit le but, qui est de concevoir des moyens innovateurs, axés sur la collectivité, de saisir la vie dans les vrilles de la technologie. Ce désir à la fois subversif et productif est un rêve qui dure depuis que l'avant-garde a été confrontée à la radio il y a un siècle.

Les limbes locatives

Le sans-fil exclut une certaine gamme des sens de la manière la plus étonnante... Et pourtant, rien ne manque...
(Rudolf Arnheim, In Praise of Blindness,1936)2

Dans les arts visuels, « sans fil » est synonyme d'invisibilité et de disparition, mais l'invisibilité n'est-elle pas simplement la consigne de réajuster nos sens, particulièrement aux sons? Les arts sans fil et axés sur les données nous ramènent à une obsession locative - comme dans le mot local, parent du cas locatif en grammaire. L'art sans fil contemporain est imprégné du locatif - à la fois lié à la géographie et participant à la transformation de la géographie lorsque cette dernière devient poreuse au contact de réseaux transactifs de données qui opèrent une distorsion du temps (c'est-à-dire qu'ils accélèrent le temps pour ce qui est de l'accessibilité de l'information, mais qu'ils font oublier le temps par l'immersion virtuelle).

Le collectif Locative Media, un réseau informel d'artistes-programmeurs qui rayonnent à travers le monde, travaille à la réalisation de médias locatifs indépendants en concevant des interfaces destinées à la géographie mobile. Ces applications permettraient une inscription des médias interactifs dans l'environnement physique. Par exemple, avec un téléphone cellulaire ou un ordinateur de poche (PDA) sans fil, il est possible d'entrer en contact et en interaction avec des données laissées dans le paysage, mais aussi d'y laisser ses propres traces, à l'exemple des « graffitis virtuels » imaginés dans le cadre du projet Geograffiti de Marc Tuters [http://gpster.net/geograffiti.html]. La plupart des médias locatifs abordent l'inscription dans le monde physique selon des méthodes interactives et ouvertes - ce qui exige une connaissance technique de la programmation, de la façon de faire parler les codes entre eux, et ce, dans bien des cas, malgré des barrières qui sont compliquées par des questions de propriété intellectuelle et d'incompatibilités régionales entre les logiciels. Mais à présent que cela devient envisageable, à quelles explorations de la force et du contenu assiste-t-on? Qu'est-ce qui constitue de l'art dans le non-lieu du locatif éphémère? À plus forte raison, dans le cas du son? Le son, considéré au-delà de ce que l'on nomme l'art sonore, est lui-même témoin de l'éphémère, puisqu'il fait éclater l'espace et le temps. Le son est à la fois le support et la métaphore de la transition vers l'éphémère locatif - la volonté de disparaître qui demeure tangible.

On peut situer à mi-chemin entre les médias locatifs et la radio (et dans une perspective féministe et critique) les oeuvres de Anna Friz [www.kunstradio.at/BIOS/frizbio.html] et d'Annabelle Chvostek [www.annabelle.org/]. Leur performance Automated Prayer Machine [www.annabelle.org/prayer.html (n'est plus accessible)] vise à « transformer de manière proactive la fonction de la radio » en intégrant des haut-parleurs de radio dans l'espace occupé par le public. Le résultat consiste à « activer un espace d'écoute acoustique qui ait également une qualité radiophonique... ce qui fait prendre conscience du fait d'être dans un auditoire, dans une expérience radiophonique immersive3 ». En mêlant des échantillons radiophoniques en direct, des bruits de radio à ondes courtes, des émissions religieuses fondamentalistes et des prières transmises par courriel et par boîtes vocales, Chvostek et Friz réaffirment la voix de la collectivité et redonnent du pouvoir aux pratiques et aux discours sans fil en embrassant la tradition radiophonique, mais avec une conscience du lieu et du contexte qui aborde les enjeux essentiels des arts sans fil. Selon Friz, « la radio aborde les mêmes sujets que les nouveaux médias ont tenté d'aborder. Les espoirs sont les mêmes, les obstacles sont les mêmes : Qui est-on quand on est dans cet état médiatisé? À quoi aspire-t-on? Quelle est la profondeur de cette communication, compte tenu de l'éloignement et de la proximité géographiques? Dans les nouveaux médias, c'est encore l'outil qui mène l'oeuvre : méfiez-vous des outils qui mènent. »

Ouvrons une petite parenthèse. Je crois qu'il est temps de reconnaître que le terme « nouveaux médias » est mort depuis belle lurette : d'abord, ces médias ne sont plus nouveaux, et ils ne sont même pas nécessairement des médias; ils ont dépassé leur simple statut d'outil, de support ou d'appareil. La technologie est partout et, au sens le plus large, l'a toujours été, sous forme de signes. Aujourd'hui, le son n'arrive pas seul : l'art sonore et l'art radiophonique se sont amalgamés aux arts technologiques pour former une gamme étendue de « cultures numériques », ce dont témoigne très bien l'édition 2004 du festival d'expérimentation électronique musicale et sonore MUTEK [www.mutek.ca], à Montréal. Alain Mongeau, directeur de MUTEK, explique : « Comme elles ont eu accès à des technologies plus répandues, les cultures du son envahissent de nouveaux territoires. Ce faisant, elles créent la culture numérique. Les nouveaux médias n'en sont peut-être même pas à leurs débuts. Tout est encore à venir. Si vous voulez savoir ce que l'avenir nous réserve au chapitre de la culture de l'image, regardez où en est actuellement la culture du son 4. »

Fin de la parenthèse. L'équivalent dans les nouveaux médias, en tant que genre, de la performance radiophonique axée sur le lieu de Friz et Chvostek, serait peut-être la symphonie pour téléphones cellulaires Dialtones: a Telesymphony, de Golan Levin [www.flong.com/telesymphony]. Comme le résume le commissaire Patrick Lichty, « Dialtones est une oeuvre symphonique dont les sons sont produits exclusivement par les sonneries savamment chorégraphiées des téléphones cellulaires de l'auditoire5. » Levin a fait valoir que « Dialtones rend viscéralement perceptible l'éther de l'espace cellulaire6. » Et ce qui transporte les mouvements de l'imperceptible au sensible, dans les deux cas, ce sont les ondes sonores - toujours invisibles, mais néanmoins tangibles et palpables. On pourrait aussi dire que ce mouvement opère du quasi inimaginable, ou impossible, au potentiel sans fil.

La dérive au fil des données urbaines
Et voici que la psychogéographie entre en scène. Dans l'oreille invisible et omniprésente de la technologie, la topographie de la ville sert de support à l'exploration sans fil actuelle; en vertu de cette dernière, les techniques de la psychogéographie, dérobées à l'Internationale situationniste (IS), mais propulsées par des logiciels et des lignes de code, proposent une manière de sillonner - et d'entendre - la « ville numérique ». On pourrait appeler ce phénomène la dérive des données. La psychogéographie, moins la critique de la Société du spectacle de Guy Debord, mais enrichie des doubles sens ludiques et surréalistes, a été abandonnée dans la foulée des interminables purges de l'IS7.

Dériver en données, donc. Dériver, aujourd'hui, est-ce encore marcher? Peut-on parler de dérive dans les formes régimentées du code binaire numérique? Cette question est soulevée par Wilfried Hou Je Bek dans son projet .walk (dot-walk) [www.Socialfiction.org], qui lui a valu le prix Transmediale 2004 du meilleur logiciel, bien qu'il ne fasse appel à aucun autre système d'exploitation autre que le plan de la ville. Le principe de .walk n'est pas la quête d'un phénomène physique ou d'un espace singulier, mais la quête d'une transversale de l'espace physique (le meatspace), du mouvement des corps, qui consigne ses traces numériques, ésotériques dans le domaine numérique. Selon le principe de .walk, un groupe doit marcher dans la ville en fonction de consignes informatisées : deux rues à gauche, une rue à droite, échange de données, etc. Ce parcours algorithmique aboutit à la création d'une séquence de données numériques génératives, dérivées de cet ordinateur péripatétique (ambulant).

Hou Je Bek et moi avons formulé une théorie selon laquelle, en utilisant les nombres extraits des dérivées algorithmiques de .walk, on peut numériquement manipuler des sons afin d'annoter géographiquement le parcours de la promenade. On obtient ainsi une méthode permettant de manipuler différentes caractéristiques du son en fonction de la topographie, un genre de « résonance sonore » tirée du code de l'ordinateur ambulant. Hou Je Bek affirme toutefois que la promenade .walk est impossible : « LA TECHNOLOGIE TROUVERA D'ELLE-MÊME DES UTILISATIONS DE LA RUE »8 Sa technique témoigne d'un certain surréalisme, déroutant pour le pragmatisme des artistes-programmeurs. Car la promenade .walk n'est que (pas plus que, diraient certains) mouvement. Mais ce mouvement n'est justement pas que mouvement. Les déplacements des composantes (les déambulations réglementées des participants) s'opèrent dans la vision d'un avenir où le potentiel de la promenade .walk invite à un mouvement dépassant la somme de ses parties : l'ordinateur péripatétique. Il y a une logique à la programmation de ce mouvement, un désir d'accomplissement de la part de la mécanique qui provient des composantes - un désir de la machine d'avoir son propre imaginaire - qui est néanmoins dépassé dans l'impossibilité de l'imaginaire. Ce rêve impossible anéantit son statut imaginaire dans le processus (la réalité) d'évolution vers « l'intelligence artificielle ». Pourtant .walk ne prétend avoir l'IA pour but, simplement la possibilité de cette dernière, dans la mesure où elle est impossible, mais immanente, « en théorie ».

Le son sans fil offre des possibilités illimitées. La possibilité de transposer un média vers un autre dans l'expérience de la circulation des données est le potentiel des arts sans fil; c'est ce potentiel qui est exploré de manière à la fois subtile et perspicace par Michelle Teran. Le projet en cours de cette artiste, intitulé Life: a user's manual [http://ubermatic.org/misha] (« La vie : mode d'emploi ») consiste en une série de performances publiques - déambulations et tracés en ligne - qui explorent les histoires secrètes captées par les systèmes sans fil des télévisions privées en circuit fermé. Habillée en itinérante, Teran pousse son chariot d'épicerie contenant, sous des guenilles et d'autres objets trouvés, un système informatique mobile qui « prélève », des ondes environnantes, des scènes captées par des caméras de surveillance. Outre les images présentées en temps réel sur des écrans visibles à travers les côtés du chariot, les sons captés sont également transmis : il en résulte, durant les déambulations de Teran dans les paysages urbains réels et virtuels, un récit provenant des yeux et des oreilles invisibles de la « police » privée. L'artiste devient un genre de relais invisible, symbole de l'éphémère dans un monde de surveillance paranoïaque et de contrôle territorial. Elle exploite les possibilités de l'invisible en dévoilant ce dernier au monde, présentant l'impossible comme une nouvelle source d'expérience et de questionnements, accessibles aux yeux et aux oreilles de tous.

Rêver plus loin que le code
Tout devient code. Le vingtième siècle est terminé, nous voici au vingt-et-unième. Or, au vingt-et-unième siècle, les artistes se penchent à nouveau sur les enjeux auxquels la radio était confrontée, mais sur un terrain très différent, voire complètement étranger : une topographie virtuelle à plusieurs niveaux, qui engloutit la tour de diffusion, en termes aussi bien métaphoriques que concrets. Il s'agit d'un combat pour la tour elle-même, mais aussi pour les moyens par lesquels on confère force et forme au dispositif et par les façons dont ce dernier en vient à fonctionner, sur les plans tant techniques que sémantiques. L'art numérique sans fil qui capte le son - ainsi que ses transformations et prolongements sous forme de vidéo, de code, de tout type de données - tend vers une forme artistique qui suscite intuitivement une réflexion de l'artiste, non seulement sur la production de l'expérience esthétique, mais aussi sur les moyens permettant de créer cette expérience. Au sens classique, les artistes sont confrontés, une fois de plus, aux moyens de production dans un monde onirique non classique : un monde dans lequel les tactiques et les technologies sont omniprésentes, distribuées, intégrées, diffusées, numériques, invisibles, sans fil et dimensionnelles, aussi bien en ce qui concerne l'équipement que dans l'apprentissage de langages de programmation complexes. La création artistique au moyen d'outils numériques et sans fil exige la programmation de nouveaux codes et la conception de nouveaux équipements. En tant que moyen d'intervention, l'art n'exige pas que de la créativité, mais aussi des moyens techniques. Et les ingénieurs ont besoin de l'art. L'art est une nécessité et une impossibilité : c'est un rêve au-delà des codes actuels.

Bien qu'on ne puisse demander à l'artiste d'assumer tous les rôles, un monde numérique et sans fil relance une nouvelle urgence : celle de la collaboration entre les artistes et les ingénieurs, les programmeurs et les producteurs de contenus. Une collaboration reposant sur la divergence, où on laisse libre cours au sans-fil et au bizarre. Je rembobine et répète : il est impossible pour l'artiste d'assumer tous les rôles, alors il ou elle se fragmente et se multiplie dans les domaines de l'imaginaire et du surréel. Tout comme les rêves qui ont d'abord été le moteur de la radio, puis maintenant de l'art numérique sans fil, il subsiste encore le désir d'un monde ouvert, axé sur la collaboration. La dérive dans ces territoires exigera des imaginaires audacieux, qui surmonteront l'impossibilité comme premier obstacle à la conscience des possibilités d'une technologie collective.

Tobias c. van Veen est écrivain ainsi qu'artiste du son et du Net. Habile dans le maniement de tourne-disque, il détient également le secret des martinis à l'absinthe. Actuellement concepteur à la Société des arts technologiques (SAT) et candidat au doctorat en communications et en philosophie à l'Université McGill, à Montréal, il est chargé de projet du volet Sonic Scene du Réseau sans fil numérique populaire. On peut lire son blog à l'adresse suivante : http://www.quadrantcrossing.org.

Notes:
1. Bertolt Brecht, « The Radio as an Apparatus of Communication », in : Neil Strauss (dir.), Radiotext(e), New York : Semiotext(e), 1993.

2. In : Neil Strauss (dir.), Radiotext(e), New York: Semiotext(e), 1993.

3. tobias c. van Veen, entretien avec Anna Friz, 6 mai 2004.

4. tobias c. van Veen, entretien avec Alain Mongeau, 6 mai 2004.

5. Voir www.voyd.com. Voir aussi les commentaires de Lichty sur le rôle d'un commissaire de médias fluides à l'adresse : www.jiscmail.ac.uk/cgi-bin/webadmin.

6. Voir www.flong.com/telesymphony/#background.

7. Voir www.quadrantcrossing.org/blog/C277523597/E1540987349/index.html.

8. Voir Wilfried Hou Je Bek, The Technology Will Find Uses for the Street On Its Own, www.socialfiction.org/dotwalk/dummies.html.

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Audio Files: ArtForum
[www.artforum.com/index.php]

New Adventures in Sound Art
[www.soundtravels.ca]

Microsound
[www.microsound.org]

Janek Schaefer's Links
[www.audioh.com/information/soundartresource.html]

Sonic City
[http://civ.idc.cs.chalmers.se/projects/soniccity/]

City of Sound
[www.cityofsound.com]

Receiver Vodafone
[www.receiver.vodafone.com]

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