retour à HorizonZéro HorizonZero 07 vertical line layout graphic english >  

version imprimable  >

wayne dunkley : résonance
Voyez cet article en version Flash  nécessite Flash 6 >

la zone de résonance
communauté et expérience en ligne
par Margot Lovejoy et Wayne Dunkley

Le 1er mars 2003, le torontois Wayne Dunkley a rendu visite à l'artiste Margot Lovejoy, qui se sert tout comme lui d'Internet en tant que support, et qui se trouvait dans son studio de New York. Tous deux ont parlé de leur intérêt mutuel pour la narration en ligne et la création de liens communautaires. Pour Wayne Dunkley, un artiste-photographe qui travaille avec les nouveaux médias depuis qu'il a élaboré, en 2001, son sharemyworld.net, couronné par un prix, c'était une rare occasion d'échanger avec Margot Lovejoy, une Néo-Brunswickoise expatriée dont les projets novateurs de narration collective ont porté sur les thèmes de la violence familiale (Parthenia.com, 1996) et des « tournants décisifs » qui marquent le cours d'une vie (TURNS, 2001).

Pour entendre la conversation entre Wayne et Margot, il suffit de cliquer sur les boutons audio qui se trouvent à la gauche de leurs photographies. Les quatre boutons correspondent aux quatre parties de leur conversation. Commencez par appuyer sur le bouton numéro 1.

Margot Lovejoy : Wayne, je suis tellement contente de te voir ici, dans le Queens, installé devant ce microphone. J'ai vraiment hâte d'en savoir davantage sur ton travail. Parle-moi de toi et de ton travail...

Wayne Dunkley : Avec plaisir. Je suis heureux moi aussi de pouvoir discuter d'espaces de collaboration en ligne et de la communauté sur le Web. Je m'intéresse beaucoup également à ce que tu fais. Et une des raisons qui m'ont poussé à avoir cette discussion avec toi, Margot, c'est qu'à mon avis, il y a énormément de points communs entre nos champs d'intérêts en matière d'exploration en ligne. Au départ, j'ai commencé à travailler comme photographe de plateau. Je voulais travailler dans le domaine commercial, mais, très vite, je me suis intéressé aux paysages. À bien des égards, c'est le point de départ de mes réflexions sur la communauté et du traitement que j'en fais. L'idée de me rapprocher de la terre et des choses qui me paraissent plus grandes que moi m'a toujours intéressé. Et je pense que c'est cela qui a guidé la plupart de mes recherches en ligne : les réflexions sur les rapports avec les gens et un sentiment de communauté qui dépasse ma petite personne.

M : Quand as-tu commencé à te servir d'Internet?

W : La première fois, c'est quand j'ai créé mon projet sharemyworld.net. Je voulais le rendre aussi accessible que possible et trouver le moyen d'obtenir autant d'apports que possible de la part des autres. Je sais que toi-même, tu sollicites les récits des autres. Donc, c'est que, selon toi, c'est la meilleure façon d'y arriver?

M : Sans le moindre doute. Tu vois, mon travail a beaucoup évolué. J'ai fait de la gravure d'art, des livres d'art, beaucoup d'installations, et j'ai toujours été intéressée par l'utilisation de la technologie pour diffuser mes idées. En 1995, j'ai reçu une subvention d'Arts International pour un projet sur la violence familiale. Cela me permettait en partie d'établir des liens avec les gens de ma communauté locale. J'ai commencé à travailler avec un groupe indien très impliqué dans les questions de violence familiale. J'ai adoré travailler avec ce groupe; il s'appelle SAKHI. Et la subvention m'a permis d'aller en Inde pour y recueillir de l'information et y faire de la recherche. À mon retour, je devais travailler de nouveau avec le groupe pour retraduire les renseignements que j'avais obtenus et créer une exposition au Musée de Queens. À ce moment-là - c'était en 1995 -, on pouvait créer un site Web. J'ai donc pensé qu'il me fallait le mettre en ligne, qu'il devait avoir des liens avec tous les groupes intéressés par la violence familiale. Il devait contenir les statistiques auxquelles je pouvais penser et que je pouvais chercher. Et il fallait y prévoir des endroits où les gens pourraient laisser leurs récits. C'est comme ça que j'ai commencé sur le Web. Bien sûr, ce genre de récits m'a toujours intéressée, mais aussi la façon dont les récits peuvent contribuer à apaiser les esprits, en plus du fait que c'est une façon de surmonter les difficultés que les gens rencontrent dans la vie. Plus ils en parlent, plus ils les transmettent aux autres, plus ils s'en trouvent apaisés. Pour moi, c'est très important de ne pas lâcher, de continuer à créer des communautés en ligne.

W : Oui, la création d'un espace offrant une possibilité d'apaisement existe bel et bien. Je crois que, à bien des égards, mes premiers travaux, comme celui que je viens de terminer pour HorizonZéro : RESSENTIR : le désir d'un chez-soi, visaient à créer un espace offrant cette possibilité. Il arrive tellement souvent que l'on mette de côté les récits des gens ou qu'on les classe avec un tas d'autres choses. J'ai été en contact avec beaucoup de personnes qui, après être tombées sur les espaces que j'ai créés en ligne, me disent : « C'est extraordinaire de pouvoir trouver un espace dans lequel on considère mon histoire à sa juste valeur. » Et juste être en mesure de pouvoir raconter son histoire, c'est tellement simple qu'il peut nous arriver de le tenir pour acquis, tout simplement parce que, pour beaucoup de gens, ce genre d'espace est inaccessible.

M : Je crois cependant que beaucoup de gens ont peur de présenter leurs histoires aux autres. Et j'ai observé, chez ceux qui veulent vraiment le faire, qu'ils se sentent obligés de les partager, convaincus qu'ils sont de leur signification, pas seulement pour eux, mais également pour d'autres personnes. Donc, à mon avis, c'est cela qui pousse vraiment les gens à proposer leurs récits.

W : Pour moi, le sentiment d'un récit collectif qui nous est commun s'impose presque...

M : En tant qu'êtres humains?

W : Oui, en tant qu'êtres humains. C'est pourquoi je crée ces contextes dans lesquels les gens racontent fondamentalement la même chose, mais avec des mots différents et sur la base d'expériences légèrement différentes. Par contre, les acquis sont tellement semblables que les leçons qu'on y retrouve se ressemblent beaucoup. Et je constate une sorte d'effet cumulatif à passer du temps à lire des récits. J'en viens toujours à me dire : « C'est incroyable, sa vie n'est pas tellement différente de la mienne! » Bien sûr, il arrive que l'expérience soit un peu différente, mais, en fin de compte, beaucoup d'entre nous agissent de manière très semblable sur le plan des émotions. Une des choses qui me passionnent, c'est la façon dont on perçoit un espace créé en ligne. C'est une étrange combinaison d'éléments visuels, typographiques et textuels, et l'espace individuel que quelqu'un apporte à l'expérience de tous ces éléments en ligne. Je suis toujours fasciné lorsque j'entends les gens parler de la façon dont ils se projettent eux-mêmes dans cet espace créé à partir des éléments que nous avons rassemblés.

M : Ça nous amène vraiment à notre façon d'envisager la création de nos sites. À la facilité d'accès que nous offrons aux gens. À la façon dont nous attirons leur attention. Parce que, avoir un site Web dans cet espace commercial, c'est comme accrocher un Rembrandt au milieu d'une série de publicités de nourriture pour chiens. C'est vraiment terrible ce que le Web est devenu. La première chose à laquelle j'ai pensé en créant TURNS, c'est que je devais m'efforcer de créer un espace méditationnel. Il devait avoir un aspect différent. Il fallait qu'il attire les gens, qu'ils aient envie de s'y arrêter. Mais, en fin de compte, il fallait aussi que ce soit un espace où l'on ait vraiment envie de partager son récit avec les autres. Et ça a été très difficile d'y parvenir. Il m'a fallu me débarrasser de toutes les images que j'en avais avant. Il a fallu que je décide que ce n'était pas une oeuvre individuelle, mais bien collective, que je me contentais de créer la possibilité pour tous d'en faire partie. C'était quelque chose!

W : Oui, cette notion de presque parvenir à créer un espace en ligne accessible à des moments différents, à des endroits différents m'intéresse énormément. Je me souviens d'avoir fait des études avec d'autres personnes sur ma première oeuvre en ligne; et quand les gens s'arrêtaient sur mon site, ils y restaient vingt minutes en moyenne. C'est ridicule pour un site Web; personne ne passe vingt minutes dans un site Web. Alors, je me suis dit, ça vaut vraiment la peine; il y a une chose dans laquelle les gens se reconnaissent vraiment. À partir de là, comment parvenir à en faire un usage créatif, à créer à tout le moins un sentiment de sécurité... parce que, selon moi, il y a un sentiment de sécurité en ligne, qui permet aux gens de partager des choses importantes. J'aime ça t'entendre parler d'un espace méditationnel. Parce que le projet RESSENTIR : le désir d'un chez-soi, dans horizonzero.ca, porte vraiment sur la création d'un espace de réflexion et de méditation. Et c'est un endroit où les gens peuvent non seulement réfléchir, mais exprimer leurs réflexions et en parler à d'autres. Et poursuivre la création de ce cycle.

M : Ce sera une sorte de babillard?

W : Un babillard, oui. Et pendant que nous construisions le site, je revenais souvent sur la notion que nous n'étions pas vraiment en train de construire un site. Nous disions plutôt : c'est un terrain de jeu et voici la pelouse. Et, bien sûr, il y a une clôture au bout, mais c'est notre terrain de jeu. C'est ici que nous jouons avec l'idée de « chez-soi » et avec nos « désirs ». Ceux-ci peuvent se raccrocher à un lieu physique; ils peuvent aussi porter sur le centre d'une relation en particulier. Et j'aime pouvoir dire aux gens : « Voici ce qu'on vous propose; allez-y, faites-en ce que vous voulez à partir de votre propre histoire. » En fait, j'essaie en partie de créer un espace où l'on dit aux gens : « Votre récit en vaut la peine. Il est nécessaire. Et vous devez le partager avec d'autres. Intrinsèquement, il en vaut la peine. » Pour moi, il s'agissait de créer un espace non discrétionnaire sur ce plan, d'essayer d'élargir la notion de sécurité. Je sais que c'est une question de perception et qu'on pourrait en discuter pendant des heures. Mais je cherche vraiment à renforcer ce sentiment d'anonymat et de sécurité, de sorte que les gens se sentiront à l'aise pour partager un récit très personnel, mais que c'est correct ainsi et que personne ne portera un jugement sur eux. Parce que, souvent, les gens n'ont pas la possibilité de dire : « Voilà ce qui m'est arrivé et je me sentais con » ou, encore, « C'était le plus beau moment de ma vie. »

M : J'ai envie de te demander que ressens-tu, en tant qu'artiste, lorsque tu crées ce genre de site?

W : En fonction de quel point de vue?

M : En ce qui a trait à ton rôle.

W : Eh bien, j'ai tendance à commencer par mon propre récit. Avec RESSENTIR, j'ai commencé par un poème; à bien des égards, c'est un poème sur ma propre expérience, mais aussi sur une expérience humaine plus large. Et c'est le genre de choses qui me passionne vraiment : savoir comment le récit de quelqu'un peut refléter une expérience humaine plus large. C'est ce qui crée des points d'accès à partir desquels les gens peuvent réfléchir et avoir l'impression que les autres écoutent ce qu'ils ont à raconter, ou se voir eux-mêmes dans les récits des autres. C'est ça qui me stimule et me motive en tant qu'artiste.

M : Ce n'est pas tout à fait ce que je voulais dire. C'était plutôt ceci : qu'est-ce que tu ressens quand tu crées un cadre pour permettre aux autres de déposer leurs récits, de faire part de leurs expériences? Parce que, en fin de compte, comme photographe, tu exerçais un contrôle total sur tes photos : leur aspect, leur finalité. À présent, tu crées des oeuvres en ligne, quelque chose qui n'est pas vraiment de l'imagerie sur laquelle tu exerces un contrôle. Tu crées un espace que tu ne contrôles pas vraiment. Tu as décidé de le faire, et je ne suis pas sûre de savoir quelle partie de toi le fait, mais c'est vraiment de cela que je voudrais que tu me parles.

W : Pour moi, tout ça est lié à ma perception du récit et de la narration, ainsi qu'à des réflexions sur la propriété. À mon avis, il existe un bassin de récits qui nous appartiennent tous. Et je pense que c'est à cela que j'essaie d'accéder. En créant cet espace, je n'en prends pas possession de toute façon. En fait, la forme que prendra cet espace dépend de la contribution de tous ceux et celles qui y participeront et le partageront. Je me perçois essentiellement comme quelqu'un qui lance une toupie; elle se met à tourner sur la table, et les autres continuent à la faire tourner.

M : Oui, tu crées un site autodynamique. Mais je suis convaincue que cela a de nombreuses implications parce que nous nous servons d'un média interactif, qui nous échappe quand nous créons des sites publics communautaires autodynamiques. Nous offrons aux gens la possibilité de raconter des bouts de leur existence qui n'ont pas un sens seulement pour eux, mais pour d'autres également. Nous nous fondons en quelque sorte dans l'arrière-plan. Et, généralement, un artiste qui réalise une peinture ou une sculpture ou quoi que ce soit d'autre exerce dessus un contrôle d'auteur total. Et ce que je veux dire, c'est que le rôle d'un artiste en tant qu'auteur ou en tant que personne exerçant un contrôle intégral sur l'ensemble de son oeuvre n'est plus le même.

W : Tu as tout à fait raison. Pour moi, cela se rapproche de ma perception communautaire. Je ne fais pas de l'art pour moi tout seul; c'est une question communautaire.

M : Une question de communication?

W : Une question de communication d'idées, oui. Mais, en tant qu'artiste, je joue aussi le rôle d'un miroir, dans lequel je me reflète, dans lequel d'autres personnes se reflètent et dans lequel nous nous percevons de manière intégrale en même temps. Et je ne me perçois pas nécessairement comme un être à part de la communauté. Mon expérience est celle de la communauté. Donc, il me semble que j'ai la responsabilité de m'intégrer à ce processus. C'est rare que je me perçoive comme quelqu'un qui est en marge de tout ça. Même comme artiste-photographe, les questions que j'abordais par la photographie tournaient autour d'une sensation d'émerveillement et de crainte que nous connaissons tous comme personnes qui habitent un lieu. Donc, en fait, il ne s'agit pas uniquement de mon expérience à moi. Je pense que la question de la mémoire m'apparaissait importante quand j'ai senti la motivation de m'afficher sur Internet. Susan Meiselas, une photographe que j'admire beaucoup, venait de créer un site Web sous le nom de AKA Kurdistan; c'était un espace en ligne créé pour permettre au peuple kurde de faire part de son histoire, car c'est un peuple sans patrie.

M : Les Kurdes en ont plus que jamais besoin...

W : Pour ça, oui. C'est donc devenu pour moi un espace incroyable et merveilleux consacré à la mémoire. Et quand j'ai commencé à lire les récits présentés par les Kurdes, je me suis aperçu combien il était apaisant de pouvoir partager son histoire et l'histoire d'un peuple. Si l'on parle d'influences, ça a été, je crois, une des principales choses qui m'ont influencé à m'afficher sur Internet.

M : Intéressant. C'était il y a longtemps?

W : Je pense avoir lu son exposé là-dessus il y a cinq ans environ.

M : Bien sûr, d'autres artistes se sont penchés sur le thème de la mémoire. C'est vraiment quelque chose de saisissant de la voir resurgir constamment sous des formes différentes. Je pense qu'on retrouve ce thème dans ton oeuvre autant que dans la mienne.

W : Je pars, je pense, d'éléments relationnels tout à fait fondamentaux. À mes yeux, tout revient toujours à la notion de savoir, quand la puissance créatrice s'éteint, si ce que nous avons réalisé en ligne a modifié ou amélioré notre relation. Au début [de l'histoire] d'Internet, beaucoup de gens avaient d'excellentes idées sur l'établissement de liens à toutes sortes de niveaux, le travail en collaboration et la création collective en ligne. En fait, c'est de là que provient l'ensemble du mouvement du code source libre. Et je pense que les espaces que toi et moi créons constituent une nouvelle étape vers de nombreuses réalisations. Personnellement, je n'ai pas abandonné tout espoir à propos d'Internet. C'est rempli de conneries, mais il y a beaucoup de gens qui en voient le potentiel sur le plan des relations. Et qui voient la possibilité de créer ensemble quelque chose de plus grand, de meilleur et de plus riche que ce que chacun d'entre nous pourra jamais parvenir à réaliser seul dans son petit coin.

M : Tout à fait d'accord avec toi là-dessus. Je suis tout particulièrement impressionnée par les grands projets en ligne en ce qui a trait aux activités contre la guerre, ici aux États-Unis, au Canada et dans le monde entier. Il y a eu des contacts entre des organismes, qui ont organisé des marches et des rassemblements contre la guerre. Nous avons été témoins de cette incroyable effusion lorsqu'il y a eu des manifestations dans 600 grandes villes pendant la même fin de semaine.

W : C'était extraordinaire.

M : Et tout ça grâce à Internet. Je pense donc qu'il y a du pouvoir dans cette communication, un pouvoir dont nous n'arrivons pas encore à saisir toute l'ampleur ni l'évolution future. Mais je pense que si nous adoptons une attitude positive - j'aime voir le côté positif des choses - je suis convaincue que c'est très différent de la télévision et d'autres formes de communication. Je pense qu'Internet permet une autre forme de communication entre les gens. Et, à côté des oeuvres d'art, il y a aussi d'autres domaines.

W : Oui, c'est étrange, parce qu'Internet peut être multisensoriel. Il peut contenir des sons, des images et tout ça peut fonctionner ensemble. Mais, comme tu dis, cela semble atteindre cette autre partie de nous-même. Je reviens sans cesse aux relations - cela touche cette partie de nous qui dit : « Une minute, je viens d'envoyer un courriel à quelqu'un qui vit en Allemagne, alors que je me trouve dans la ville de X. » Quand on s'en rend compte, ça ouvre tout un éventail de possibilités.

M : Évidemment, un des problèmes, c'est qu'on ne téléphone plus...

W : C'est vrai, et qu'on n'envoie plus de lettres...

M : Bien sûr, mais je pense qu'on est en contact avec un bien plus grand nombre de personnes, bien plus que par le biais du seul téléphone. Et qu'on peut échanger des points de vue sur toutes sortes de sujets, juste en se mettant au clavier pendant quelques minutes et en transmettant ce qu'on pense à tout un éventail de personnes. C'est fabuleux.

W : Et bien, merci beaucoup de m'avoir accordé tout ce temps, Margot, c'était super.

M : C'était vraiment extra de pouvoir discuter avec toi. Tu fais partie de mon univers et moi du tien.

W : Super.

Liens:
Margot Lovejoy
[http://www.margotlovejoy.com]

TURNS
[http://www.myturningpoint.com]

Parthenia
[http://www.parthenia.com/]

Wayne Dunkley
[http://www.sharemyworld.net]
/p>

AKA Kurdistan
[http://www.akakurdistan.com]

haut haut  

 

Valid XHTML 1.0!
Valid CSS!