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HorizonZéro Numéro 14 : RÊVER
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architectures : La maison du futur
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La maison du futur
Comment les progrès techniques alliés aux rêves des architectes ont engendré des prototypes de maisons depuis la Deuxième Guerre mondiale
par Marie-Paule Macdonald, traduit par Michel Buttiens

La maison idéale
Le roman de Rick Moody, Tempête de glace, dont l'action se situe en 1973, commence par un inventaire des technologies, des concepts et des articles divers, présents dans la vie quotidienne de 1994, mais qui n'existaient pas dans les foyers suburbains de 1973 :

Pas de répondeurs. Pas de double appel. Pas d'identification du numéro. Pas de graveur de CD, ni disques laser, ni holographie, ni télévision par câble, ni MTV. Pas de multiplexes, ni traitements de texte, ni imprimantes laser, ni modems. Pas de réalité virtuelle. Pas de grande théorie globale, pas de carte de fidélité d'une compagnie aérienne, pas de moteurs turbo ou à injection, pas de syndrome prémenstruel, pas de centres de réadaptation, pas d'enfants adultes d'alcooliques. Pas de codépendance. Pas de rock punk ou postpunk, ni hard ni grunge. Pas de hip-hop. Pas de syndrome d'immunodéficience acquise, ni virus de l'immunodéficience humaine, ni maladie mystérieuse du genre sida. Pas de virus informatiques. Pas de clonage, ni génie génétique, ni biosphère, ni photocopies couleur... Pas de perestoïka. Pas de place Tiananmen1.

En 1997, Ang Lee réussit à porter à l'écran Tempête de glace. Filmée dans des décors naturels à New Canaan, au Connecticut, l'action se déroule dans un quartier aisé d'une banlieue idéale où diverses maisons individuelles modernes se trouvent dispersées dans une forêt hivernale. En dépit des vingt années écoulées, l'ordinateur portable, l'Internet à haute vitesse sans fil, le téléphone cellulaire, le magnétoscope DVD, l'ordinateur de poche, la télévision par câble et le projecteur numérique semblent devoir faire partie naturellement du quotidien de ces foyers modernes.

Le concept de la maison individuelle idéale, située à la campagne, entourée, de préférence, d'un paysage forestier naturel ravissant, a évolué depuis l'achèvement, en 1950, dans les environs de Chicago, de son prototype : la maison Farnsworth conçue par Ludwig Mies van der Rohe2. La Farnsworth, une boîte de verre à châssis d'acier posée sur un sol en béton précontraint est implantée sur une plaine inondable de la rivière Fox. Invisible depuis la route, elle n'a aucun mur opaque, mais elle est protégée aux alentours par vingt-trois hectares de forêt. L'architecte a conçu l'intérieur comme « un espace universel » axiomatique : un volume ouvert où les zones d'activité et de repos communiquent étroitement. La structure est constituée de travées transparentes et de colonnes qui forment la bordure du cadre. L'acier peint en blanc associé au verre transparent produit un pavillon impeccablement moderne, objet construit sur le seuil du visible et de l'invisible.

L'environnement de verre et d'acier a un aspect éternellement moderne alors qu'à l'intérieur, la vie est en perpétuel changement. Le philosophe Slavoj Zizek perçoit une transformation radicale des préoccupations domestiques virtuelles de la vie contemporaine :

J'insiste beaucoup sur ce que nous appelons généralement la virtualisation, ou la numérisation de notre environnement. Nous savons que 60 % des gens sur cette terre n'ont jamais donné un coup de téléphone de leur vie. Cependant, 30 % d'entre nous vivent dans un univers numérisé construit artificiellement et manipulé, et non plus dans un environnement naturel ou traditionnel. Pour tous les aspects de notre vie, il semble que nous ayons de plus en plus affaire à des choses privées de leur substance. On trouve de la bière sans alcool, de la viande sans gras, du café sans caféine... Et même du sexe virtuel sans sexe. La réalité virtuelle, à mes yeux, est le point d'orgue de cette évolution : nous obtenons maintenant une réalité sans réalité... ou une réalité totalement maîtrisée... Ainsi, il ne faudrait pas sous-estimer les conséquences sociales intersubjectives de l'espace cybernétique. Nous assistons aujourd'hui à une redéfinition radicale de ce que signifie être humain3.

Le prototype de la maison suburbaine idéale a été redessiné et repensé tout au long de la dernière moitié du siècle. Son statut de marchandise de première nécessité s'est cristallisé. Le texte fondamental de Martin Heidegger, écrit en 1951, Bâtir, habiter, penser, envisageait le fait d'habiter un lieu comme un « enracinement », un rapport avec la terre. La maison Farnsworth est souvent perçue comme une boîte flottante en verre, qui paraît suspendue au-dessus de la terre. Elle n'a pas de fondations; son toit plat est dépouillé, comme la surface plane d'un quelconque bâtiment anonyme. Vu de l'intérieur, le paysage devient un emballage visuel d'images contrastant avec le sentiment viscéral généralement associé à l'habitation.

L'architecte paysagiste et écrivain J.B. Jackson affichait sa préférence pour le logement, particulier aux Américains, qu'il appelait la maison transportable. Pour lui, le sentiment d'habiter se nourrit d'habitudes. La maison américaine, sans prétention, jetable, bon marché, carrée, représente la liberté et l'égalitarisme. « Combien de temps faut-il rester à un endroit pour pouvoir l'appeler son logement? » demandait-il. « Je dirais suffisamment longtemps pour que notre présence soit une habitude. Un endroit devient notre logement lorsqu'il fait partie intégrante de notre comportement habituel... Il devient un élément coutumier de notre mode de vie4. » Mais alors que se passe-t-il lorsque les habitudes d'une société évoluent plus rapidement que la maison idéale?

Durant les décennies qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale, l'idée d'une maison de verre et d'acier idyllique et abordable était dans l'air, le fantasme favori des architectes. L'idée a été mise en pratique en Californie, zone de secousses sismiques qui justifie le recours à la robustesse flexible d'un cadre d'acier. Ainsi, en reprenant le thème de la simple maison de plain-pied sur le modèle de celle de Mies de 1951, la maison Salzman de Craig Ellwood (étude de cas n° 16) à Bel Air est constituée de fins tubes d'acier de cinq centimètres de diamètre, du genre de ceux que l'on utilise pour les échafaudages. Sa façade donnant sur la rue est composée d'une simple série de panneaux de verre translucides. Plus qu'un objet transparent, les panneaux translucides créent une surface vide anonyme.

Plus tard, l'aspect flottant de la maison Farnsworth inspirera les maisons à ossature d'acier : la maison Chamora de 1962 et le projet de Maison de Weekend de 1964, une structure massive en treillis d'acier Pratt enjambant un canyon. Une version de cette maison a été construite par les étudiants en architecture sur le campus du College of Architecture de l'Université polytechnique de Californie, à San Luis Obispo. Curieusement, la même année, sur la côte du Pacifique, l'architecte de Vancouver Arthur Erickson, qui travaillait à l'époque avec Geoffrey Massey, a conçu une maison célèbre, sorte de pont de verre et de bois brut destiné à un site accidenté de l'ouest de Vancouver. La Smith Residence dont la simplicité et l'ouverture rappelaient les travaux de Mies van der Rohe et d'Ellwood, implantée dans une forêt idyllique, fut construite en bois et en verre pour s'intégrer à la forêt humide 5. Toujours suivant l'inspiration de Mies van der Rohe et d'Ellwood, la maison était constituée d'un espace de vie en forme de pont, accoté sur deux surfaces rocheuses exposées, mais selon une nouvelle palette de couleurs limitée, voire monochromatique, de bois et de verre transparent.

La Smith Residence introduisait la notion de sensibilité environnementale : son concept de base était de s'intégrer aux caractéristiques de la forêt humide. Il répondait à la spécificité du lieu de construction. En ce sens, la maison était en accord avec un concept primordial de l'essai de Heidegger sur le logement : « De la même manière, l'existence essentielle des espaces est générée par leur emplacement et non par l'espace6. » Ses murs de verre, ses panneaux uniques, ne démontraient pas encore tout à fait une sensibilité environnementale au sens technologique du terme, mais le dessin préfigurait une tendance qui deviendrait caractéristique des rêves des architectes des années 1990 : la maison écologique.

La maison de rêve
Pendant que les maisons de campagne en verre mutaient et proliféraient, les architectes radicaux des années 1960 proposaient des structures d'habitation qui ressemblaient plus à des costumes d'astronautes qu'à des foyers rustiques. Dans ses projets non réalisés : le Cushicle de 1966 et le Suitaloon de 1968, Michael Webb proposait une architecture gonflable, transformable, portable, fabriquée dans des matériaux de plastique qui restaient à inventer. Ces idées, surtout le principe des structures gonflables, s'inspiraient des fantasmes de l'architecture instantanée compatibles avec les mouvements de protestation sociale et politique de l'époque. En fin de compte, elles se seraient mieux appliquées au camping, aux vacances et aux habitats temporaires, puisqu'elles ne tenaient pas compte des problèmes relatifs à l'entreposage des articles à usage saisonnier, un aspect essentiel de la sédentarité. Les dessins visionnaires de Webb s'inspiraient de structures comme la tente en dôme de Moss, brevetée par Charles William (Bill) Moss sous le nom de « pop tent » en 1955. Des modèles haut de gamme de cette tente étaient encore fabriqués par Moss Inc. dans les années 19907. Ces tentes en dôme, hyperefficaces, permettaient à leurs utilisateurs de vivre, le coeur léger, des ressources naturelles, même si ce n'était que pour la durée des vacances.

Dans les années 1970, l'idéal de la vie en banlieue devient la norme. Les aménagements détruisent les forêts, les remplaçant par des centres commerciaux et des terrains de golf. La crise du pétrole du début des années 1970 entraîne une remise en question des habitudes des consommateurs. L'artiste Dan Graham, dans son projet de 1979 intitulé Alteration to a suburban house, s'interroge sur l'envahissante « normalité » de la maison individuelle suburbaine. Graham propose de remplacer la fenêtre panoramique par un mur entier de verre, en ajoutant un miroir sur toute la longueur du centre de la maison, exposant ainsi les aires publiques du foyer aux regards de la rue. Des matériaux nouveaux pour l'époque : de grands panneaux d'une seule pièce de verre transparent et de miroir, que l'on ne trouvait auparavant qu'en petits panneaux, permettent d'exposer la vie psychologique de la maison. Inspiré par le théâtre allemand mettant en scène des drames psychologiques traitant de problèmes moraux et sociaux se déroulant dans la « maison transformée en scène », Jeff Wall l'appela « Kammerspiel8 ».

Le débat autour du bien-fondé moral de la possession individuelle d'une automobile et d'une maison, une tendance de plus en plus populaire qui suppose une forte consommation énergétique, continue de faire rage au XXIe siècle. Les gouvernements ont inauguré des programmes visant à améliorer l'efficacité énergétique des maisons. L'architecture et la construction canadiennes présentent les normes les plus élevées d'efficacité énergétique; des prototypes comme la maison urbaine écologique de l'architecte Martin Leifhebber, à Toronto (qui utilise des panneaux solaires pour capter l'énergie et qui recueille et entrepose sa propre eau) offrent de nouvelles possibilités. Cependant, les Canadiens restent parmi les plus gros consommateurs d'énergie de la planète et les utilisateurs les plus gourmands de technologies de pointe.

La maison du futur
Les maisons en mandrins de carton recyclé de l'architecte Shigeru Ban ont été construites pour résoudre le problème du logement des victimes du tremblement de terre de Kobe en 1995. Ban avait fait une expérience avec des mandrins qui traînaient dans ses ateliers après qu'il eut utilisé les tissus. Il se renseigna auprès de scientifiques sur la façon de durcir et d'imperméabiliser le carton et proposa ses services lorsque le tremblement de terre rendit nécessaire le recours à des habitats instantanés. Travaillant de concert avec les Nations Unies et un certain nombre d'organisations caritatives, Ban a aussi expédié des maisons en mandrins en Turquie et au Rwanda.

Durant les années 1990, Ban crée une série de maisons originales exprimant, dans leurs formes, les goûts contemporains. Il cite la maison Farnsworth comme influence essentielle de son oeuvre et remarque que « c'est une oeuvre révolutionnaire qui parvenait à une continuité complète entre l'intérieur et l'extérieur grâce à une façade entièrement vitrée9 ». Sa Naked House de 2000 est constituée de panneaux de plastique rigide transparent à double épaisseur, semblable au Lexan (un thermoplastique industriel). À l'intérieur d'un volume ouvert, les pièces sont conçues comme des chambres : des boîtes sur roues que l'on peut changer de place et installer à sa guise dans un endroit ou un autre de la maison. Ban continue à s'intéresser aux matériaux recyclés originaux et bon marché. Récemment, il a réalisé une sculpture pour la Biennale de Shanghai, intitulée Plastic Bottle Structure 01, 2002 à partir de bouteilles de plastique transparent réutilisées.

Durant l'essor technologique, la maison de rêve des années 1990 était un outil mercatique pour les produits contemporains de la technologie. La société nord-américaine s'est transformée en une société numérique de travailleurs intellectuels utilisant des logiciels perfectionnés, à la frontière entre la productivité et la mise en marché de la production. Le rêve d'une maison complètement informatisée exprime le désir de contrôler l'espace et le temps, le rêve d'une omniscience rendue possible par l'omniprésence de l'ordinateur.

Le projet House_n, initiative du Département d'architecture et du laboratoire des médias du MIT (conjointement baptisé « Maison du consortium futur du MIT »), est un projet de recherche sur plusieurs années prenant pour point de départ l'axiome selon lequel « le problème de notre époque est le problème de la maison gérée électroniquement10 ». Plus l'ordinateur individuel devient un appareil essentiel de la maison individuelle, plus les chercheurs s'efforcent d'étendre, d'élargir et de multiplier la gestion de la vie quotidienne dans une maison de rêve informatisée.

Les laboratoires de recherche du MIT ont étudié le caractère envahissant ou omniprésent de l'informatique. Ils ont prédit et proposé toutes sortes d'éléments équipés d'ordinateurs intégrés avec interfaces invisibles ou incorporées. Parallèlement, le MIT a mis sur pied des environnements artificiels, maisons laboratoires destinées à tester la capacité des nouveaux produits informatiques à s'intégrer à l'environnement domestique, à créer des éléments producteurs plutôt que consommateurs d'énergie, à fournir des services médicaux privatisés, à surveiller des résidents âgés et, plus généralement, à s'intégrer à la vie socioéconomique quotidienne. La maison devient aussi son propre outil de marketing, grâce à des éléments invisibles permettant d'enregistrer les données relatives à la consommation. D'une grande ingéniosité, le projet de recherche était essentiellement un nulle part très élaboré. Comme c'était un laboratoire, personne n'y vivait. On pourrait le percevoir comme un nouvel article contemporain privé de substance, à ajouter à la liste de Zizek : comme « des organes sans corps », c'était une maison sans maison.

Grands écrans transparents et murs de verre multiples reviennent fréquemment dans les projets : des surfaces intelligentes qui permettent d'afficher de l'information et des publicités. L'idée d'un écran de la taille d'un mur n'est pas nouvelle. Des propositions récentes de télétravail exigent des maisons dont les murs de verre pourraient être transformés en écrans informatiques. Élément récurrent de la science-fiction, le mur-écran jouait un rôle tyrannique dans la version filmée de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, mise en scène par François Truffaut. Un écran de la taille d'un mur, présent dans chaque foyer suburbain, forçait des lavages de cerveau, dominait et gérait toutes les activités sociales. Le mégaécran domestique n'est qu'un appareil parmi d'autres : des projecteurs numériques peuvent transformer n'importe quelle surface, à l'extérieur ou à l'intérieur, en surface de projection.

Dans son roman de 1920, We, l'auteur soviétique de science-fiction Eugene Zamiatin évoque une future société totalitaire dans laquelle les citoyens vivent dans des boîtes de verre, leurs journées étant entièrement organisées par l'État. En 2004, certains citoyens craignent encore la fusion de l'informatique et des murs de verre. Kathleen M. Sullivan, doyenne de la Stanford Law School, s'inquiète : « Nous serions sûrement opposés à l'idée qu'un gouvernement puisse exiger que nous vivions dans des maisons de verre, transportions tous nos effets personnels dans des sacs en plastique transparent, envoyions notre courrier dans des enveloppes transparentes, et que nous jetions les clés de nos maisons et de nos tiroirs, même si ces mesures permettaient de faciliter l'application de la loi11. » Aujourd'hui encore, le verre peut passer de transparent à semi-opaque : l'industrie du verre a inventé un matériau susceptible de transformer du verre transparent en verre laiteux à l'aide d'un courant électrique.

Les récents progrès des nanotechnologies ont également nourri les fantasmes relatifs à la maison du futur. Une école australienne, la University of Technology de Sydney, a réalisé un projet appelé Nanohouse [http://www.nano.uts.edu.au/nanohouse.html] pour promouvoir une vision positive des possibilités des nanotechnologies, parmi lesquelles des surfaces non adhésives, des cellules photovoltaïques hybrides, des textiles originaux, etc. La Nanohouse, une sorte de « maison modèle », utilise un lieu familier pour habituer l'opinion publique à une technologie peu familière.

Certains écrivains poussent très loin les limites de l'imagination du nanofutur. Ainsi, dans ses écrits, le romancier de science-fiction Wil McCarthy imagine des scénarios à partir de l'omniprésence de la matière programmable : « En appuyant sur un bouton, un mur devient une fenêtre qui devient un générateur d'hologrammes. Une chaise devient un super ordinateur, un toit devient une installation de traitement des déchets ou de récupération d'énergie 12 ». Toutefois, le sceptique Slavoj Zizek s'interroge, « À propos d'une scène fantasmatique, il faut se poser la question : pour quel regard est-elle mise en scène? Quel discours est-elle destinée à soutenir13? » Dans le cas de McCarthy, il s'agit de s'opposer aux conséquences catastrophiques possibles des nanotechnologies : un scénario que certains appellent le problème de la « gelée grise », concept de Robert A. Freitas Jr., qui s'inquiète de ce que « le principal danger écophagique est que des nanorobots fugitifs s'autorépliquent et convertissent la surface entière de la biosphère (l'écologie de toutes les choses vivantes sur la surface de la terre) en matériaux artificiels d'une sorte ou d'une autre, en particulier des matériaux de leur genre, c'est-à-dire d'autres nanorobots autoréplicateurs14 ».

D'autres futurologues prédisent que la production nanotechnologique conduira à la gratuité de presque tous les produits de consommation. Seule la terre conserverait encore une valeur quelconque. Cette théorie est en accord avec les rôles et les attitudes du logement, comme les envisage l'architecte anglais Cedric Price : « La maison est un outil d'habitation peu précis; son utilité a toujours dépendu de sa capacité à changer, à être échangée ou à expirer. » Price ajoute : « Un bon bâtiment déclenche chez un bon client un désir de quelque chose de mieux, ce faisant, il se rend lui-même superflu15. »

Architecte, Marie-Paule Macdonald enseigne à Montréal et à la School of Architecture de l'Université de Waterloo. Son ouvrage, Rockspaces, a été publié en 2000 par Art Metropole, à Toronto.

Notes:
1. Rick Moody, Tempête de glace, traduit de l'anglais par Michel Lederer, Éditions de l'Olivier, Le Seuil, 2003.

2. La maison Farnsworth, conçue et construite par Mies van der Rohe entre 1946 et 1951 est un exemple qui a fait école dans l'architecture de style international aux États-Unis. Implantée à Plano, dans l'Illinois, la maison était une commande du docteur Edith Farnsworth qui souhaitait en faire son havre de paix durant les fins de semaine. La façade totalement transparente de cette maison a pour effet de confondre les limites habituelles de la domesticité : la distinction entre le public et le privé, le dehors et le dedans disparaît. Pour plus de renseignements, voir www.columbia.edu/cu/gsapp/BT/GATEWAY/FARNSWTH/gen.

3. Sabine Reul et Thomas Deichmann,The One Measure of True Love is: You Can Insult the Other, une interview avec Slavoj Zizek, dans www.spiked-online.com, 15 novembre 2001. Voir www.spiked-online.com/Articles/00000002D2C4.htm.

4. John Brinckerhoff Jackson, The Movable Dwelling and how it came to America, dans Landscape in Sight: Looking at America New Haven, Yale University Press, 1997.

5. Voir www.arthurerickson.com/txt_smit.html.

6. Martin Heidegger, Building, Dwelling, Thinking, 1951, dans Basic Writings, deuxième édition, David Farrell Krell (dir.), New York, Harper and Row 1977.

7. Voir http://web.cba.neu.edu/~ewertheim/teams/moss.htm.

8. Jeff Wall, La « Kammerspiel » de Dan Graham, Toronto, Art Metropole, 1992.

9. Citation en français dans www.archilab.org/public/1999/artistes/shig01fr.htm.

10. Voir http://architecture.mit.edu/house_n/.

11. Kathleen M. Sullivan, Under a Watchful Eye: Incursions on Personal Privacy, dans The War on our Freedoms: Civil Liberties in an Age of Terrorism, Richard C. Leone et Greg Anrig Jr. (dir.), New York, Public Affairs, 2003.

12. Wil McCarthy, Hacking Matter: Levitating Chairs, Quantum Mirages, and the Infinite Weirdness of Programmable Atoms, Basic Books, 2003. Voir aussi www.nickbostrom.com/2050/world.html.

13. Slavoj Zizek, The Zizek Reader (Blackwell Readers series), Elizabeth Wright et Edmund Wright (dir.), Blackwell Publishers, 1999.

14. Robert A. Frietas Jr., The Gray Goo Problem, publié par KurzweilAI.net, 20 mars 2001. Voir www.kurzweilai.net/meme/frame.html?main=/articles/art0142.html. Extrait de Robert A. Frietas Jr., Some Limits to Global Ecophagy by Biovorous Nanoreplicators, with Public Policy Recommendations, www.foresight.org, avril 2001. Texte complet à www.foresight.org/NanoRev/Ecophagy.html.

15. Cedric Price, Houses and Homes, dans AA Files, no19, 1987.

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